Les sans-papiers privés d'éducation, dénonce Éducation sans frontières 

Le reportage de Julie Marceau

À la veille de la rentrée scolaire, le collectif Éducation sans frontières s'inquiète de l'exclusion des sans-papiers du système d'éducation publique et presse le gouvernement d'agir pour corriger la situation.

L'organisation souhaite porter à l'attention de la population la « réalité injuste des sans-papiers exclus de l'éducation publique en raison des exigences administratives imposées par l'État québécois. »

Selon les membres du collectif qui ont organisé une conférence de presse à Montréal lundi, parmi toutes les administrations nord-américaines, « c'est le Québec qui met le plus d'obstacles sur le chemin de la scolarisation gratuite des sans-papiers. » Ils réclament que le droit à l'éducation soit reconnu pour tous les enfants, peu importe leur statut migratoire.

« Les murs des écoles doivent cesser d'être des frontières semblables aux frontières avec les États excluent des êtres humains venus d'ailleurs. » — Martin Jalbert, porte-parole du Collectif éducation sans frontières

L'an dernier, le gouvernement avait assoupli ses règles pour permettre à certaines familles n'ayant pas de permis de résidence au Québec d'inscrire gratuitement leurs enfants à l'école. Le ministère de l'Éducation a notamment élargi les catégories d'élèves exemptés de contribution financière et a invité les commissions scolaires à faire preuve de souplesse pour accompagner les familles concernées;

D'ailleurs, pour le porte-parole de la Commission scolaire de Montréal, Alain Perron, le dossier est réglé depuis l'an dernier. « On ne comprend pas pourquoi le collectif part en cabale là-dessus cette année », a-t-il déclaré à ICI Radio-Canada.

Conférence de presse du Collectif éducation sans frontières Conférence de presse du Collectif éducation sans frontières  Photo :  ICI Radio-Canada

Vers des actions de perturbation

Mais ces mesures « proposent une fausse réponse à un vrai problème », selon le collectif, qui souligne que les commissions scolaires exigent toujours pour l'inscription des enfants des documents que plusieurs sont incapables de fournir du fait de leur statut migratoire.

Aussi, les demandeurs d'asile refusés qui n'ont pas de droit de séjour et les travailleurs temporaires dont le permis de travail a expiré depuis plus d'un an doivent assumer les droits de scolarité pour leurs enfants. Des frais annuels de 5000 à 6000 $ sont exigés, « des sommes que les familles sont souvent incapables de payer », souligne l'organisme qui invite les acteurs sociaux à multiplier les actions, y compris de perturbation.

Éducation sans frontière demande que la loi soit modifiée afin de donner accès à l'école gratuite sur simple présentation de preuves de résidence, comme c'est le cas dans plusieurs pays.

Les nombreux appels du collectif au gouvernement sont restés lettre morte, déplore Martin Jalbert, un porte-parole.