Facebook veut avertir ses usagers de contenus satiriques

null  Photo :  iStock

Facebook met à l'essai une nouvelle fonctionnalité qui avertit les utilisateurs de certains contenus « satiriques ».

Un texte de Laurent TherrienTwitterCourriel

Les fausses nouvelles publiées par des sites comme The Onion aux États-Unis sont très populaires sur le réseau social. Les textes, qui parodient l'actualité et les grands médias, « créent la confusion » et entraînent des commentaires « hargneux », selon Facebook.

Facebook étudie donc la possibilité d'ajouter la mention [Satire] à ces contenus. 

Des exemples de contenus considérés comme satiriques par Facebook. Des exemples de contenus considérés comme satiriques par Facebook.  Photo :  Facebook

Il s'agit uniquement d'un test, du moins pour le moment. On ne sait pas combien de sites seront catalogués de la sorte ni s'ils le seront de manière permanente.

Facebook n'a pas précisé comment il choisira les sites jugés satiriques.

Contacté par Radio-Canada, le rédacteur anonyme derrière les textes du Navet pense que « l'ajout de la mention Satirique, c'est un peu comme s'il fallait mettre un clin d'oeil à la fin de chaque phrase pour que tout le monde comprenne qu'il s'agit d'une blague. Ou comme un magicien qui devrait annoncer à l'assistance avant chaque numéro qu'il y a un truc. [...] Mais de façon générale, l'impact pour nous serait pas mal nul. »

Le Navet est confiant que les partages de ses articles ne seront pas affectés par cette nouvelle fonctionnalité. « Nos lecteurs sont assez allumés pour comprendre que nos manchettes ne sont pas réelles. Nous faisons d'ailleurs très attention pour ne pas piéger les gens; le titre de nos articles révèle clairement qu'il s'agit d'une parodie », précise le rédacteur. 

De fausses nouvelles qui créent la confusion

Les sites comme The Onion, the Daily Mash, Le Navet ou le Journal de Mourreal publient des histoires calquées sur l'actualité, souvent écrites dans un style qui imite le journalisme, mais qui se moquent des personnalités publiques.

Or, Facebook allègue que certains usagers partagent ces nouvelles en les croyant véridiques. Un nombre élevé de partages, notamment par des internautes qu'ils considèrent comme fiables, ou un titre plausible sont parmi les causes mentionnés par les utilisateurs qui se sont sentis trompés.

Récemment, un article du genre, intitulé « Quelques trucs lorsqu'on est un adolescent noir non armé aux États-Unis », a créé la polémique sur Facebook. Publié par The Onion en marge des évènements entourant le décès du jeune Michael Brown, l'article s'est vu critiqué par les usagers, qui l'ont jugé « inapproprié ».

De grands médias tombent dans le panneau

L'an dernier, le Washington Post annonçait l'arrivée de Sarah Palin, l'ancienne candidate à la vice-présidence américaine, comme chroniqueuse pour le réseau Al-Jazira, une fausse nouvelle écrite par le site satirique Daily Currant.

En 2012, un journal chinois s'était vu ridiculisé après avoir repris un article du site The Onion, qui affirmait que le leader nord-coréen Kim Jong-un était l'homme le plus « sexy au monde ».

Les sites se moquent de la nouvelle fonctionnalité de Facebook

Aussitôt cette fonctionnalité annoncée, les sites satiriques ont fait les choux gras de l'affaire. En réponse au géant américain, le site Gorafi annonce que « Facebook va tester le signalement des vrais articles de presse journalistique ». 

The Onion, rappelant l'affaire, cite de faux internautes. « Je regarde les nouvelles sur Facebook, mais je ne comprends pas grand chose. À l'aide, s'il-vous-plait! », parodient-ils.