Chasse aux nazis : l'attitude du Canada dénoncée

Efraim Zuroff à Riga, en Lettonie, le 16 mars 2012 Efraim Zuroff à Riga, en Lettonie, le 16 mars 2012  Photo :  Ints Kalnins / Reuters

Plusieurs organisations juives considèrent qu'Ottawa ne fait pas suffisamment d'efforts pour chasser les criminels de guerre nazis, même si ces derniers risquent au Canada l'expulsion et la perte de la citoyenneté.

Le Centre international Simon-Wiesenthal, qui vise à préserver la mémoire de la Shoah, déplore le nombre peu élevé de criminels jugés au Canada et extradés.

« C'est très contrariant et très décourageant », résume Efraim Zuroff, directeur du centre et l'un des derniers chasseurs de nazis au monde.

Chaque année, le personnel du centre basé en Israël dresse une liste des criminels de guerre nazis les plus recherchés. À plusieurs reprises au cours des dernières années, des citoyens canadiens ont figuré sur ses listes, dont Vladimir Katriuk en ce moment.

Dans une décision rendue en novembre 2010, la Cour fédérale d'appel a confirmé le maintien de la citoyenneté canadienne de Vladimir Katriuk, qui avait été rétablie en 2007 après avoir été révoquée en 1999.

« Les efforts du gouvernement canadien pour évincer les criminels de guerre nazis vivant au Canada ont franchement été totalement infructueux. » — Efraim Zuroff

Le B'Nai Brith, une des plus importantes organisations juives au pays, a d'ailleurs publié en 2010 un rapport sur l'inaction d'Ottawa face aux collaborateurs du Troisième Reich. Le document fait état d'une série d'échecs judiciaires et procéduraux qui sont survenus au cours des 20 dernières années.

Des obstacles juridiques

Pour le Centre consultatif des relations juives et israéliennes, les obstacles pour juger les criminels de guerre nazis sont avant tout juridiques, les cours étant réticentes à utiliser des preuves provenant d'anciens pays communistes de l'Europe de l'Est.

Le cas d'Helmut Oberlander illustre bien la lenteur du processus. Ancien membre d'un commando nazi, il a été privé de sa citoyenneté canadienne en 2012 et fait face à la déportation. Sa cause a ensuite été portée en appel et la Cour fédérale ne s'est toujours pas prononcée.

De son côté, le ministère fédéral de la Justice défend son bilan. Depuis 1987, le gouvernement a traité presque 2000 dossiers liés à la Seconde Guerre mondiale.

Dans un courriel, un porte-parole du ministère réitère que son département est déterminé à révoquer le statut et la citoyenneté des personnes qui ont commis des crimes de guerre et à les expulser du pays.

D'après un reportage de David Savoie