Flambée de surdoses de drogue : un antidote sera plus accessible

Drogues Drogues  Photo :  iStock

Exclusif - Radio-Canada a appris que Québec rendra la naxalone, un médicament utilisé pour traiter les surdoses de drogue d'opioïdes, beaucoup plus accessible afin de réduire la hausse de surdoses mortelles au Québec.

Un texte de Dorothée GirouxTwitterCourriel

La ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, donne le feu vert à un projet-pilote qui vise à permettre à un certain nombre de toxicomanes et à leur entourage de posséder et d'administrer cet antidote. 

Vu l'urgence de la situation, les choses vont changer rapidement,  dit la ministre Charlebois. « Ce qu'on souhaite, c'est sauver des vies. C'est vraiment préoccupant, c'est pour ça qu'on agit rapidement. On va rendre la naxolone disponible rapidement. Un mort, c'est un mort de trop! »

Cette mesure était demandée avec insistance par les groupes d'aide aux toxicomanes, tels que Méta d'Âme et le CRAN qui ont présenté le projet pilote PRO-FAN (Prévention et réduction des overdoses, formation et accès à la naxolone) que le gouvernement a décidé de lancer.

Ce projet vise à fournir à une centaine de personnes proches des toxicomanes, soit des amis, des membres de la famille ou des travailleurs de rues, une formation pour détecter les signes de surdose et administrer la naxolone. Ces personnes devront s'inscrire au projet pilote pour obtenir une prescription et une carte de compétence leur permettant d'administrer l'antidote.

Le Québec emboîte ainsi le pas à d'autres gouvernements en Amérique du Nord qui ont déjà implanté des mesures semblables pour limiter le nombre de décès par surdose.

Les autorités s'inquiètent de la flambée du nombre de victimes de surdoses de drogues. Au cours des deux derniers mois, 18 consommateurs d'héroïne, de cocaïne ou de comprimés contrefaits sont morts de surdose dans la région de Montréal. Entre 2000 et 2009, le taux de surdose ne dépassait pas 1,3 décès par mois.

Plus d'ambulanciers formés

Urgences-santé a aussi décidé de former, au cours des prochains jours, une cinquantaine de techniciens ambulanciers paramédicaux pour administrer la naloxone, aussi connue sous le nom de Narcan. Actuellement, une douzaine de techniciens ambulanciers seulement sont autorisés à injecter cet antidote, disponible en hôpital.

« [...] Dans certaines situations, et sous certaines conditions, l'administration de ce médicament viendra apporter un élément de plus aux traitements de ces patients », déclare Dr Dave Ross, directeur médical régional chez Urgences-santé.

Il s'agit d'une première vague de formation, qui devrait s'étendre à un plus grand nombre d'intervenants dès la fin des vacances estivales.

La Direction de la santé publique de Montréal soupçonne que du Fentanyl, un analgésique extrêmement puissant, ait été ajouté à certaines drogues de rue.

Qu'est-ce que la naloxone?

Selon la Coalition canadienne des politiques sur les drogues, la naloxone est « un composé chimique sécuritaire et très efficace qui inverse les effets des opiacés, comme l'héroïne ». Ce médicament est utilisé depuis 40 ans dans des milieux cliniques comme traitement d'urgence contre les surdoses d'opiacés.

La naloxone est efficace dans des cas de surdoses des opiacés/opioïdes, mais elle n'a pas d'effet pour les surdoses d'autres drogues, comme la cocaïne.

Qu'est-ce que le Fentanyl?

Jusqu'à 100 fois plus puissant que la morphine, le Fentanyl, un médicament sous ordonnance, est souvent l'ultime recours pour les patients qui souffrent trop, par exemple dans le cas d'un cancer des os ou pour les gens en fin de vie. Mais il est aussi détourné pour fabriquer de la drogue.

D'après les informations de Dorothée Giroux

Facebook