Manifestation des syndiqués : les policiers se défendent

Des employés municipaux ont manifesté devant l'hôtel de ville de Montréal, mardi. Des employés municipaux ont manifesté devant l'hôtel de ville de Montréal, mardi.  Photo :  PC/Ryan Remiorz

Le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, s'est défendu mercredi d'avoir accordé un traitement privilégié aux manifestants qui dénonçaient la veille le projet de loi sur les régimes de retraite des employés municipaux.

Mardi, les policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont été critiqués de s'être gardés d'intervenir alors que leurs collègues, avec d'autres employés municipaux, manifestaient bruyamment devant l'hôtel de ville. Certains ont même brûlé leurs casquettes et des sacs de poubelles, alors que des pompiers ont arrosé l'édifice de la Ville en signe de protestation.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a même qualifié mercredi les incendies de « méfaits », précisant que les syndiqués ne pouvaient pas utiliser l'équipement de la Ville pour manifester.

« Il y a eu des débordements car les gens sont exaspérés », a affirmé Yves Francoeur dans un entretien avec Radio-Canada mercredi, ajoutant que l'incendie n'était « ni prévu ni voulu ».

« Il faut comprendre que, dans le contexte, l'impact direct du projet de loi pour un policier, sa cotisation passe de 110 $ à 224 $ par semaine, on parle de 6000 $ par année. [...] Donc malheureusement ça donne ce que ça a donné hier », a-t-il poursuivi.

Deux poids, deux mesures?

Le président de la Fraternité des policiers s'est défendu d'accorder un traitement « deux poids, deux mesures » de contrôle des manifestations. Mardi, aucune amende n'a été distribuée notamment en vertu du règlement municipal P-6, comme c'est le cas souvent pour d'autres manifestations.

« Il faut faire attention. Plus de la moitié des manifestations à Montréal se déroulent sans permis. Même dans le conflit étudiant, à plusieurs reprises, le service de police a donné l'avis aux manifestants comme quoi la manifestation était illégale et ils ne sont pas intervenus », affirme-t-il.

Yves Francoeur estime de toute façon qu'aucun dommage aux biens publics n'a été commis pendant la manifestation de mardi. « Mais malheureusement, quand il arrive des manifestations comme ça, ce n'est pas toujours possible de prévoir ce qu'il va se passer », a-t-il ajouté.

La coalition syndicale qui a organisé la manifestation dénonce le projet de loi qui établit des balises sur la questions des déficits des régimes de retraite des employés municipaux.

Qualifiant le projet de loi de « véritable hold-up », la coalition affirme n'écarter aucun moyen pour le combattre dans les mois à venir, notamment par le biais de grèves illégales.

Le projet de loi déposé le 12 juin par le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Pierre Moreau, pose des balises pour les discussions entre les villes et les syndicats sur le partage des coûts et des déficits des régimes de retraite des employés municipaux. Selon le ministre Moreau, un déficit de 3,9 milliards de dollars s'était accumulé au 31 décembre dernier pour les 170 régimes de retraite visés par le projet de loi.

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