Jocelyn Dupuis ne voulait pas frauder, soutient son avocat

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Jocelyn Dupuis, ancien directeur général de la FTQ-Construction Jocelyn Dupuis, ancien directeur général de la FTQ-Construction

Les plaidoiries finales sont maintenant terminées dans le procès de l'ex-directeur général de la FTQ-Construction Jocelyn Dupuis. Pour son avocat, Me Jean-Daniel Debkoski, il n'y a pas lieu de punir son client puisque ce dernier n'avait nulle intention de frauder. 

Certes, Jocelyn Dupuis reconnaît depuis le début de ce procès avoir produit de faux documents, plus précisément de fausses factures, qu'il se faisait rembourser par la centrale syndicale. Mais son avocat a soutenu, vendredi, au palais de justice de Montréal, que son client n'entretenait aucune intention criminelle.

Par la bouche de son avocat, l'accusé fait valoir qu'il a agi de la sorte dans l'intérêt des travailleurs, « pour leur bien-être ». Les fausses factures que lui remboursait la centrale syndicale servaient à payer, par exemple, les déplacements des travailleurs lors de grandes manifestations syndicales ou, encore, elles servaient à l'achat de pancartes destinées à être utilisées dans des manifestations.

Devant le juge Denis Lavergne, Me Debkoski a reconnu que cette méthode pouvait paraître « douteuse, peu élégante ». Mais, à l'époque, la FTQ-Construction fonctionnait de cette manière et tout le monde était au courant que ce type de pratique était en usage, plaide encore l'avocat. « Pour ces raisons, mon client ne devrait pas être puni », invoque-t-il.

Me Debkoski, qui a reconnu qu'il ne se serait jamais attendu à plaider une telle défense, a fait valoir que toute la direction et le conseil d'administration du syndicat étaient bien au fait de la pratique.

Me Debkoski a aussi reconnu que le stratagème des fausses factures, de même que la nature de certaines dépenses, n'était peut-être pas moralement justifiable. Toutefois, invoque l'avocat de la défense, cela ne constituait pas un crime pour autant, puisqu'il n'y avait pas d'intention criminelle et qu'aucun préjudice n'avait été causé à quiconque.

Il en va tout autrement de la version de la Couronne, dont les plaidoiries finales ont suivi celle de la défense. Me Jacques Dagenais de la Couronne soutient au contraire que l'enquête policière a mis au jour un système frauduleux et que Jocelyn Dupuis savait très bien qu'il gonflait certaines de ses dépenses. Me Dagenais a rappelé par exemple des repas au restaurant, pris par M. Dupuis, qui avaient coûté 3000 $. Ou, encore, des bouteilles de vin, prises par M. Dupuis avec ses collègues du syndicat, qui avaient coûté plus de 500 $ chacune.

Le juge Lavergne met maintenant la cause en délibéré. Il doit rendre son verdict le 26 septembre.

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