Soigner le cancer, mais aussi la détresse

Le reportage de Michel Rochon

Les infirmières de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal, distribuent à tous les patients atteints du cancer un questionnaire pour détecter les symptômes de détresse.

Un texte de Michel RochonTwitterCourriel

Ce questionnaire permet aux infirmières de mieux soigner leurs patients. Elles peuvent ainsi intervenir rapidement pour soulager la détresse, un état nuisible au traitement du cancer, et souvent négligé. 

Il s'agit là d'une initiative du Centre d'excellence en soins infirmiers (CESI) de l'hôpital montréalais.

Un mal souvent silencieux

Plus de 187 000 Canadiens ont reçu un diagnostic de cancer l'an dernier. Quel que soit le type de cancer, chaque personne réagit différemment à une telle annonce.

La plupart du temps, les patients n'osent pas parler ouvertement de leur détresse avec les équipes soignantes. Les causes peuvent être multiples : problèmes psychologiques, financiers ou familiaux.

L'infirmière Cécile Mathurin, qui traite entre autres des patients souffrant de leucémie, trouve que le questionnaire est vraiment utile.

« Lorsque le patient admet et partage qu'il souffre d'une détresse psychologique face à sa maladie, l'infirmière peut intervenir plus efficacement et s'attaquer au problème en offrant des soins appropriés pour que le patient prenne en main sa situation. » — Cécile Mathurin

L'infirmière peut donc agir rapidement et même recommander d'autres ressources appropriées, comme l'aide d'un travailleur social ou d'un psychothérapeute.

« Tu sais que tu ne seras pas jugée, parce qu'ils ont osé venir à toi te demander [...] comment tu te sentais. C'est un geste qui m'a beaucoup aidée. » — Danielle Plourde, une patiente souffrant de leucémie

Le fait de pouvoir se libérer des émotions négatives intenses et du désarroi entourant l'annonce d'un cancer aide au traitement. Plusieurs études cliniques font d'ailleurs un lien entre l'amélioration des symptômes de détresse et le pronostic des patients atteints du cancer.

« Nous avons maintenant des études qui nous disent que si le patient suit à la fois tous les traitements et qu'il est capable d'apprendre à gérer ses différents symptômes de détresse, on pourrait influencer positivement la survie du patient. » — Louise Compagna, du programme-clientèle d'oncologie

Le Centre d'excellence en soins infirmier de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, qui célèbre son dixième anniversaire, a fait, au fil des ans, des percées dans le soulagement de la douleur pour les patients en chirurgie et dans la réduction de la contention et des chutes, entre autres.

Dans le cas du dépistage de la détresse chez les patients souffrant du cancer, d'autres établissements, dont le Centre hospitalier universitaire de Québec, font également de la recherche. L'Hôpital Maisonneuve-Rosemont se donne comme objectif d'harmoniser les pratiques de soins pour en arriver à une approche universelle du dépistage de la détresse du cancer.