Les Turcs ne décolèrent pas après la tragédie de Soma

Le reportage d'Anyck Béraud

De nouveaux affrontements ont eu lieu vendredi, en Turquie, entre la police et des manifestants en colère qui dénoncent les conditions de travail des mineurs à la suite de la tragédie de la mine de Soma.

Vendredi, des policiers antiémeute ont de nouveau utilisé des grenades lacrymogènes et des canons à eau pour disperser une foule de plus de 10 000 manifestants qui avaient envahi les rues de la ville de Soma, où près de 300 mineurs ont perdu la vie, coincés sous terre, à la suite d'un accident mardi. Dix-huit mineurs seraient toujours coincés dans la mine.

Plus tôt cette semaine, des manifestants en colère ont saccagé les bureaux du parti de Recep Tayyip Erdogan à Soma à la suite d'une visite du premier ministre à la mine, où on recherche toujours des survivants.

M. Erdogan avait provoqué la colère des citoyens en rejetant les accusations d'avoir négligé la sécurité dans les mines du pays au profit de l'entreprise privée.

D'importantes manifestations et une journée de grève nationale ont eu lieu dans le pays à la suite de cet épisode de ce que plusieurs considèrent comme le pire accident industriel de l'histoire du pays.

Des manifestants renversent une camionnette de police lors d'une émeute jeudi soir, à Kadikoy. Des manifestants renversent une camionnette de police lors d'une émeute jeudi soir, à Kadikoy.  Photo :  Stringer Turkey / Reuters

L'exploitant de la mine nie avoir été négligent

Les dirigeants de la mine de Soma sont sortis de leur mutisme vendredi, affirmant n'avoir rien à se reprocher. 

Dans un premier face à face avec la presse, le grand patron, Alp Gurkan, a soutenu que les infrastructures avaient été mécanisées après le rachat à l'État turc et que la mine respectait toutes les normes de sécurité. Il nie toute négligence.

Le grand patron de la mine, Alp Gurkan, a nié toute négligence en conférence de presse, le 16 mai. Le grand patron de la mine, Alp Gurkan, a nié toute négligence en conférence de presse, vendredi.  Photo :  Osman Orsal / Reuters

Sans donner d'explications claires ni de preuves, d'autres dirigeants ont avancé que l'accident avait peut-être été causé par de la poussière de charbon, et non par un court-circuit du transformateur, contrairement à une hypothèse qui circule.

La compagnie se défend également d'employer des adolescents. Elle a même présenté une carte d'identité dans le but de montrer qu'un des jeunes hommes tués mardi avait 18 ans, et non 15 ans, comme il a été avancé. 

La conférence de presse a été houleuse. La salle était bondée de journalistes qui ont souvent interrompu voire accusé les dirigeants, face à des explications souvent confuses et au peu d'informations concrètes transmises sur la plus grande tragédie minière de la Turquie.

D'après les informations de notre envoyée spéciale Anyck Béraud

Des secouristes et des médias sont massés à l'extérieur de la mine de Soma, où s'est produit l'accident meurtrier. Des secouristes et des médias sont massés à l'extérieur de la mine de Soma, où s'est produit l'accident meurtrier.  Photo :  Osman Orsal / Reuters

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