Des vedettes de Radio-Canada s'inquiètent pour la qualité de l'information

Patrice Roy et Michel C. Auger analysent les campagnes électorales municipales au Québec. (Archives) Patrice Roy et Michel C. Auger analysent les campagnes électorales municipales au Québec. (Archives)

Plusieurs vedettes de l'information de la Société Radio-Canada demandent au président de la SRC, Hubert Lacroix, « d'agir pour préserver ce service public que nous jugeons essentiel ».

Elles ont envoyé une lettre aux journaux québécois mercredi matin afin de faire part de leurs inquiétudes quant aux conséquences des compressions répétées que subit le diffuseur public canadien sur la qualité de l'information qui y est diffusée.

« Le constat est sans appel : depuis cinq ans, près de 20 % du budget de l'information française a été amputé », peut-on lire dans la lettre d'opinion signée par Michel C. Auger, Sébastien Bovet, Pierre Craig, Alain Crevier, Michel Désautels, Johane Despins, Anne-Marie Dussault, Gérald Fillion, Denis Gagné, Céline Galipeau, Alain Gravel, Emmanuelle Latraverse, Catherine Mercier, Pascale Nadeau, Patrice Roy, Charles Tisseyre et Marie-José Turcotte.

« Compressions après compressions, Radio-Canada meurt à petit feu », poursuivent-ils. Les artisans s'inquiètent de leur capacité à préserver la qualité de l'information. Avec les dernières coupes annoncées, la SRC atteint « un point de rupture » qui constitue une « atteinte directe à ce qui nous rend uniques et nous distingue de la concurrence ».

Ils dénoncent la quasi-disparition du service des sports, la réduction des effectifs culturels et maintenant le déclin des budgets alloués à ICI RDI de même qu'aux émissions d'affaires publiques comme Enquête, qui est à l'origine notamment de la commission Charbonneau. Les émissions La facture, Découverte, La semaine verte, L'épicerie et Second regard sont également touchées.

Radio-Canada/CBC a annoncé au début du mois d'avril des compressions de 130 millions de dollars, qui se traduiront par la suppression de 657 postes sur deux ans

Le budget du secteur de l'information se trouve comprimé dès cette année de 3,3 millions de dollars, ce qui entraînera la perte de 35 postes. Le directeur général de l'information Michel Cormier a précisé mardi que ces compressions touchent notamment 14 postes de journalistes, 9 postes de réalisateurs et 3 postes de cadres. 

Ce budget sera de nouveau amputé de 2,4 millions de dollars l'an prochain, ce qui se soldera par la perte de 12 postes.

La publication de cette lettre survient deux jours après la publication du « livre blanc » du Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC) sur l'avenir de la société d'État. Le syndicat souhaite que la population participe au débat sur la raison d'être de Radio-Canada, son mandat et son financement, à l'heure où s'opèrent des changements majeurs dans le monde des communications.