Médicaments en ligne : attention, danger

Le reportage de Louis-Philippe Ouimet

Le commerce des médicaments sur Internet est de plus en plus populaire malgré les risques qui peuvent en découler.

Depuis plusieurs années, il y a une multiplication des médicaments contrefaits et le Québec n'y échappe pas.

Sans prescription, on peut acheter des médicaments en ligne. À Montréal, un annonceur offre même la livraison à domicile.

Un des vendeurs propose du Viagra et du Cialis, promettant même un arrivage pour les prochains jours. Il se permet également de prodiguer des conseils aux acheteurs.

« Les pilules, tu peux les couper en deux, donc tu en as pour quatre utilisations », dit-il au téléphone, au journaliste de Radio-Canada.

Pourtant, Santé Canada déconseille formellement d'acheter sur Internet des médicaments d'un particulier.

« Ce n'est pas des bonbons, on devrait avoir des prescriptions pour les utiliser. Ils peuvent mettre leur vie en danger. » — Jacques Gagnon, gestionnaire de laboratoires de l'inspectorat à Santé Canada
null

L'acheteur est également exposé à un autre problème : comment être sûr qu'il ne s'agit pas de médicaments contrefaits?

Pour Diane Lamarre, présidente de l'Ordre des pharmaciens du Québec, « c'est vraiment un marché très organisé, on estime qu'un médicament sur deux sur Internet est contrefait ».

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a déjà effectué des saisies de médicaments contrefaits vendus sur Internet. Lors d'une de ces opérations, les policiers ont fait une découverte de taille.

« En ouvrant le coffre-fort, c'était rempli de comprimés de couleur bleue et jaune. C'était du Viagra, du Cialis contrefait. C'était produit ici même sur la Rive-Sud de Montréal. », explique le caporal Hubert Savoie, coordonnateur au projet Centurion de la GRC, à Montréal.

« La couleur, c'était la couleur Sico, de la peinture. » — Hubert Savoie, coordonnateur au projet Centurion de la GRC

Il s'agit d'un marché très lucratif. La GRC constate que des trafiquants de drogue s'intéressent de plus en plus aux médicaments. L'industrie pharmaceutique perdrait quant à elle des milliards de dollars par année à cause des médicaments contrefaits.

Et le danger pour la santé est bien réel, insistent les pharmaciens.

« Il y a eu des cas de décès, même au Canada. En Colombie-Britannique, une femme avait commandé des médicaments contre l'anxiété on s'est rendu compte qu'il y a de l'aluminium. À Toronto il y a eu un problème avec le Norvas », indique Diane Lamarre, présidente de l'Ordre des pharmaciens du Québec.

D'après le reportage de Louis-Philippe Ouimet