La classe politique rend hommage à Paul Desmarais

Le reportage de Vincent Maisonneuve

L'Assemblée nationale du Québec a rendu hommage à l'homme d'affaires Paul Desmarais, mort mardi soir à l'âge de 86 ans. Tour à tour, les chefs des partis politiques lui ont adressé un dernier hommage, suivi d'une minute de silence à sa mémoire.

Le chef de l'opposition officielle, Jean-Marc Fournier, qui le premier a pris la parole, a rappelé que le défunt, né Franco-Ontarien, avait fait le choix du Québec en installant à Montréal le siège social de Power Corporation.

« Il incarne comment on peut être à la fois fier francophone, fier Québécois et fier Canadien. » — Le libéral Jean-Marc Fournier

M. Fournier a salué en lui « l'histoire exceptionnelle de réussite » d'un francophone à une époque où peu de Canadiens français s'illustraient dans le monde des affaires.

La première ministre Pauline Marois qui, plus tôt ce matin, avait été la première figure politique à réagir publiquement à la mort de l'influent homme d'affaires, a elle aussi rendu un vibrant hommage à Paul Desmarais.

« Aujourd'hui, le Québec perd un de ses grands bâtisseurs », a-t-elle souligné. « Depuis ses débuts dans le domaine du transport jusqu'à Power Corporation, M. Desmarais aura laissé sa marque, tant par sa vision ambitieuse, que par un sens des affaires hors du commun ».

« Je leur offre, au nom de mon gouvernement, mes sincères condoléances. » — Pauline Marois

L'homme d'affaires n'a jamais été proche du Parti québécois, mais a plutôt entretenu des liens, pendant l'essentiel de sa carrière, avec le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti libéral du Canada (PLC).

Son fils André Desmarais est marié à France Chrétien, la fille de l'ex-premier ministre du Canada Jean Chrétien.

Le chef de la CAQ a lui aussi offert ses plus sincères condoléances à sa famille et ses proches. François Legault a salué la « contribution exceptionnelle de monsieur Desmarais au monde des affaires québécois ».

« Paul Desmarais a été pour moi une inspiration » a souligné M. Legault, qui a affirmé avoir été marqué par la lecture de sa biographie dans sa jeunesse.

Il a marqué le monde des Affaires au Québec et ailleurs dans le monde, et su faire profiter les entrepreneurs d'ici de ces contacts internationaux établis au fil des ans.

« Sa réussite exceptionnelle dans le monde des affaires offre un exemple à tous les jeunes et moins jeunes Québécois qu'à force de travail, de détermination, de savoir-faire et d'audace on peut réussir au Québec. » — François Legault

Paul Desmarais, a souligné le chef caquiste, a été un de ceux qui ont ouvert la voie aux francophones du Québec et du Canada qui voulaient se lancer en affaires.

En conférence de presse en après-midi, le chef du PLQ, Philippe Couillard, a lui aussi souligné que Paul Desmarais « a fait figure de pionnier francophone dans le monde des affaires ».

Jean Charest. Jean Charest.  Photo :  PC/Ryan Remiorz

Un hommage de Jean Charest

Par voie de communiqué, Jean Charest a offert ses plus sincères condoléances à l'épouse de monsieur Paul Desmarais père, madame Jacqueline Desmarais, et à sa famille.

L'ancien premier ministre du Québec, maintenant associé au cabinet McCarthy Tétrault, a décrit le défunt homme d'affaires comme « un modèle et une inspiration pour plusieurs générations de femmes et d'hommes d'affaires ».

« Connu et respecté internationalement, Paul Desmarais a été un réel ambassadeur du Québec et du Canada. Son histoire et son cheminement font de lui un leader de son siècle et de sa génération. » — Jean Charest

« C'était un bon ami à moi » - Jean Chrétien

L 'ex-premier ministre du Canada, Jean Chrétien, de passage à Rome, a rendu un bref hommage à un homme qu'il connaissait depuis un demi-siècle sur les ondes de RDI.

M. Chrétien a expliqué que sa première rencontre avec l'homme d'affaires remonte à 1965, alors qu'il n'était encore que jeune député libéral.

« J'ai eu l'occasion de bien le connaître et aussi, on a des liens familiaux très proches », a-t-il dit, évoquant le mariage unissant sa fille France Chrétien à André Desmarais et leurs petits enfants.

« C'était un bon ami à moi et à ma famille et c'est une très très lourde perte pour tout le monde. » — L'ancien premier ministre libéral Jean Chrétien

« Il savait qu'il n'était pas en forme depuis plusieurs années » a souligné l'ex-premier ministre, qui l'a vu pour la dernière fois en septembre.

Jean Chrétien a prononcé un discours lors du congrès à la direction du PLC à Ottawa. Jean Chrétien

Les souvenirs de l'ancien premier ministre Paul Martin

L'ex-premier ministre Paul Martin, qui a travaillé étroitement avec M. Desmarais à Power Corporation puis à la Canadian Steamship Lines, avant de la lui racheter, livre ses souvenirs :

« C'est un homme qui avait une vision très optimiste de son pays. » — L'ex-premier ministre Paul Martin

Par voie le communiqué, le premier ministre du Canada a offert ses plus sincères condoléances à la famille et aux amis de Paul Desmarais.

Stephen Harper a souligné sa grande réussite dans le monde des affaires, ses activités philanthropiques et les honneurs reçus au fil du temps.

« On se souviendra de M. Desmarais comme d'un chef d'entreprise unique, qui a amélioré la vie des Canadiens, par les emplois qu'il a créés et par son travail caritatif. » — Le premier ministre Stephen Harper

Un ancien conseiller de Bourassa se souvient

L'ancien conseiller politique de Robert Bourassa, Jean-Claude Rivest, a rappelé, en entrevue à Radio-Canada, que l'ancien premier ministre libéral respectait « sa très grande intelligence et sa réussite ».

« M Bourassa avait déjà dit une fois que Paul Desmarais, ça valait dix conseillers économiques du Québec à l'étranger parce qu'il servait les intérêts du Québec dans le milieu qui était le sien, le milieu financier », a fait valoir l'actuel sénateur.

« Pour la crédibilité, l'évolution de la société québécoise, pour certains projets d'investissement, il était un ambassadeur du Québec absolument remarquable et ça, M. Bourassa l'a toujours apprécié. » — Jean-Claude Rivest

Souvenir d'un adversaire : Bernard Landry

L'ancien premier ministre Bernard Landry et été, plus souvent qu'autrement, un adversaire de Paul Desmarais.

L'ancien ministre des Finances péquiste a été confronté à la « lutte acharnée » du financier contre l'indépendance du Québec et n'a jamais partagé « le capitalisme ultralibéral qui était au centre de sa vie ».

La seule conviction commune que les deux hommes ont de fait partagée et celle de l'importance du libre-échange avec les États-Unis.

Bernard Landry souligne sinon que M. Desmarais était, à plus d'un titre, un homme d'une grande influence à l'international, et le souligne par cette anecdote :

«  Lors d'une mission en Chine, les dignitaires chinois m'ont dit que quand Paul Desmarais allait en Chine, il était reçu comme un chef d'État. » — Bernard Landry

Desmarais, un exemple, soutient Mulroney

Brian Mulroney Brian Mulroney

L'ancien premier ministre Brian Mulroney a livré un témoignage émouvant sur le défunt.

« Je conserverai toujours de lui le souvenir d'un grand homme, d'un homme d'État » a affirmé l'ancien leader conservateur.

« Comme il me disait souvent », rapporte M. Mulroney, « si moi, je peux arriver, jeune Canadien-français d'un petit village dans le nord de l'Ontario avec rien, puis j'arrive au Québec et je peux bâtir une affaire comme ça, tous les jeunes québécois sont en mesure de le faire ».

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