La commission Charbonneau

L'état de santé de Pereira force la suspension de la commission jusqu’au 15 octobre

Le compte rendu d'Isabelle Richer

La commission Charbonneau a annoncé qu'elle suspend ses travaux jusqu'au mardi 15 octobre en raison de l'état de santé de Ken Pereira.

Un texte de Bernard Leduc et François Messier

L'ex-syndicaliste, dont le contre-interrogatoire devait se poursuivre ce matin, n'avait pu se présenter à la commission après avoir fait une chute accidentelle dans l'escalier extérieur de sa résidence vers 7 h, ce qui a conduit à son hospitalisation.

En après-midi, le directeur des communications de la commission, Richard Bourdon, a annoncé qu'en raison du traumatisme crânien subi par le témoin, son médecin l'a mis au repos jusqu'au lundi 14 octobre, jour férié. La commission, a précisé M. Bourdon, n'avait pas d'autres témoins qu'elle aurait pu entendre entre temps.

Ce ne sera donc que le 15 octobre que Me André Dumais, l'avocat du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (CPQMC-International), pourra poursuivre le contre-interrogatoire entamé lundi.

M. Pereira a été membre du local 2182, affilié à ce syndicat, de 1991 à 2005, et y a occupé des fonctions de syndic et d'agent d'affaires (délégué de chantier).

Le contre-interrogatoire de Me Dumais, d'une durée annoncée d'une heure, a déjà monopolisé tout l'après-midi de lundi, et il devrait durer encore une partie de la matinée de mercredi.

Me Dumais sera suivi au lutrin de l'avocat de la FTQ-Construction, Me Denis Turcotte. Ken Pereira a dirigé l'Association nationale des mécaniciens industriels (local 1981), affiliée à la FTQ-Construction, de 2005 jusqu'à 2010, année où il a conclu une entente à l'amiable consacrant son départ du syndicat.

La FTQ-Construction a annoncé un contre-interrogatoire de quatre heures pour Ken Pereira et l'exercice s'annonce musclé, étant donné les révélations fracassantes du témoin concernant l'infiltration du syndicat par le crime organisé, et plus particulièrement les agissements de son ex-directeur général, Jocelyn Dupuis.

La FTQ-Construction est normalement représentée par Me Robert Laurin à la commission, mais ce dernier a été pris à témoin à plusieurs reprises par Ken Pereira et a choisi de passer son tour.

Me Laurin a été un conseiller juridique de Ken Pereira pendant plusieurs années et lui aurait même recommandé de procéder à des enregistrements clandestins d'entrepreneurs susceptibles d'embaucher des mécaniciens industriels. L'affaire a d'ailleurs été relevée par la commissaire France Charbonneau lundi, dans un échange vif avec Me Laurin. 

Dans son témoignage, entrepris il y a pus d'une semaine, Ken Pereira a vertement dénoncé des pratiques antisyndicales du local 2182 pour empêcher les membres du local 1981 d'obtenir du travail. Il a soutenu que le local avait intimidé des transfuges potentiels et qu'il avait pris les entrepreneurs en otage par la suite, grâce notamment au rôle qui lui est dévolu en matière de placement syndical. 

Le Fonds de solidarité FTQ pourrait aussi contre-interroger le témoin, mais a décidé d'attendre la fin des contre-interrogatoires des deux syndicats de la construction avant de décider s'il se prévaudra de ce droit. 

Ken Pereira a allégué lors de son témoignage qu'il suffisait d'avoir de bonnes relations au Fonds pour obtenir du financement. Il a en outre soutenu que le président de la FTQ, Michel Arsenault, a admis en sa présence avoir reçu une offre de pot-de-vin présentée par Jocelyn Dupuis et « un Italien ».

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