La cigarette électronique inquiète la Société canadienne du cancer

La cigarette électronique a la cote chez les adolescents. La cigarette électronique a la cote chez les adolescents.

« La cigarette électronique est étiquetée de façon trompeuse et est plus populaire auprès des jeunes ». Voilà le cri d'alarme lancé mercredi par la Société canadienne du cancer et l'Institut national de santé publique du Québec.

Des analyses effectuées par l'Université de Montréal concluent que six marques de cigarettes électroniques sur neuf vendues au Québec avec la mention « sans nicotine », contiennent en fait de la nicotine.

L'Institut national de santé publique s'inquiète surtout que ce produit, mal étudié et pouvant contenir de la nicotine, soit si facilement disponible.

Un sondage réalisé par Léger révèle également que près du quart des 18-24 ans ont déjà utilisé la cigarette électronique durant la dernière année, contre 9 % d'utilisateurs dans l'ensemble de la population.

Devant ces résultats, la Société canadienne du cancer demande au gouvernement fédéral d'inclure dans la Loi sur le tabac un meilleur encadrement pour la cigarette électronique.

« On demande que la cigarette électronique ne soit pas vendue aux mineurs et ne soit pas consommée là où le tabac régulier est interdit. » — Mélanie Champagne, directrice à la Société canadienne du cancer, division du Québec

En entrevue à RDI, Mélanie Champagne, de la Société canadienne du cancer, a estimé qu'il fallait un encadrement du produit et de sa promotion, car on ignore ce qu'il contient.

Elle a ajouté que « presque n'importe qui peut s'improviser fabricant de cigarettes électroniques. L'industrie du tabac, qui a vu cette opportunité, a racheté de petites compagnies et elle est en train de reprendre le marketing qu'elle faisait dans les années 70 et 80 ».

Mélanie Champagne craint que la cigarette électronique, de plus en plus populaire, soit une porte d'entrée pour les jeunes dans le monde des fumeurs.

La Société canadienne du cancer résume ses craintes dans un tableau intitulé le « Far West » :

  • Non réglementée, non testée, elle est vendue dans les commerces les plus accessibles comme les Dollarama, les dépanneurs et les pharmacies;
  • La plupart du temps, elle est aromatisée, la rendant plus attirante pour les jeunes
  • On ne connaît pas ses effets à long terme, et aucune instance de santé reconnue et indépendante ne la recommande comme une façon efficace de cesser de fumer
  • Elle est largement publicisée et « renormalise » le fait de fumer, ce qui risque de faire perdre bien des acquis dans la lutte contre le tabac.

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