Nouvelle publicité pour les aînés victimes de maltraitance

Le compte rendu de Pascal Robidas

Québec lance une campagne publicitaire pour dénoncer la maltraitance des aînés, un phénomène dont serait victime une personne sur cinq, selon des sondages.

La campagne cible des aînés qui vivent à domicile. Ceux-ci représentent la moitié des cas de victimes d'abus par un membre de leur famille. Dans plusieurs cas, les agresseurs seraient des voisins. La victime, quant à elle, est souvent une femme âgée entre 70 et 89 ans.

Pour rapporter les situations d'abus, les publicités invitent les personnes victimes ou leurs proches à utiliser la ligne téléphonique spécialement conçue pour les aider en les orientant vers les ressources appropriées, au 1 888 489-2287.

Depuis 2010, lors de sa mise sur pied, plus de 10 000 appels ont été faits à ce numéro.

« C'est une ligne qui a eu un triste succès », expose le ministre de la Santé et des Services sociaux Réjean Hébert. « Ça nous montre que le problème est réel. Et cette ligne-là est vraiment très utilisée pour orienter les personnes vers le type d'aide dont ils ont besoin ».

Le programme pour lutter contre la maltraitance a démarré sous Marguerite Blais, à l'époque où elle était ministre des Aînés. Cette campagne est en fait la troisième que Québec lance pour encourager la population à dénoncer ce phénomène difficile à traiter, vu qu'il prend des formes subtiles. « Il y a souvent la violence physique, mais il y a aussi l'intimidation, la violence verbale, les abus financiers », explique le ministre Réjean Hébert. La dénonciation est d'autant plus difficile que, dans bien des cas, les personnes abusées sont aussi victimes de chantage émotif.

« Il y a des formes de violence que même les aînés ne reconnaissent pas, et c'est important qu'ils soient conscients que, quand on leur crie après, c'est inacceptable, quand on leur demande leur carte de crédit ou de l'argent, c'est inacceptable, et qu'il faut qu'ils dénoncent cette situation-là. » — Réjean Hébert

Nécessaire, mais pas suffisant

Une telle campagne est nécessaire, selon Caroline Sauriol, directrice générale de l'organisme les Petits Frères qui s'occupe d'enjeux propres aux personnes âgées. Mais Mme Sauriol croit aussi qu'il faut davantage de ressources pour accompagner les aînés dans leur démarche, et s'assurer qu'ils disposent de toute l'aide dont ils ont besoin.

L'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic va même plus loin. Elle réclame que la dénonciation d'abus devienne obligatoire. Ainsi, le personnel des résidences pour aînés et les membres d'ordres professionnels seraient contraints de dénoncer tout abus.

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