Les anglophones plutôt satisfaits de l'apprentissage du français de leurs enfants

Salle de classe e

Les anglophones sont généralement satisfaits de la qualité du français enseigné à leurs enfants à l'école anglaise, selon un sondage EKOS Research commandé par le réseau anglais de Radio-Canada.

Six répondants sur dix (60 %) estiment que les écoles anglaises du Québec fournissent à leurs enfants une formation suffisante en langue française. Les personnes qui ont de 45 à 54 ans - c'est-à-dire celles qui sont les plus susceptibles d'avoir des enfants scolarisés - partagent ce sentiment à 70 %.

Les écoles anglaises du Québec offrent suffisamment de cours de français pour permettre aux anglophones de vivre et de travailler au Québec


Les répondants sont toutefois divisés quant au choix d'une école française pour leur enfant : 39 % pensent que les écoles françaises sont le meilleur endroit pour l'instruction de leurs enfants, contre 45 % qui n'y croient pas.

Je pense que l'école française est le meilleur endroit pour préparer les enfants à vivre et à travailler au Québec


Par ailleurs, près de la moitié des répondants (45 %) pensent que leurs enfants ont une meilleure maîtrise du français qu'eux-mêmes. La tendance est plus prononcée (60 %) chez les 45 ans et plus. À noter : près du quart des sondés ont préféré ne pas répondre à cette question.

Mes enfants maîtrisent mieux le français que moi

Le français à l'école anglaise au primaire...

Les neuf commissions scolaires anglophones du Québec offrent aux élèves du primaire l'enseignement en français en immersion partielle ou totale.

À la Commission scolaire English-Montréal, par exemple, on propose trois modèles d'enseignement du français au primaire : le modèle de base, le modèle bilingue et le modèle d'immersion française. 

Les écoles qui offrent le modèle de base donnent 70 % de l'enseignement en anglais, alors que les 30 % restants se font en français, ce qui donne un total de 2000 heures de français à la fin des années du primaire.

L'enseignement en français de base que reçoivent les élèves anglophones est donc beaucoup plus important que l'enseignement en anglais reçu par leurs camarades francophones. La loi québécoise permet en effet aux anglophones d'enseigner différentes matières en français, ce qui n'est pas vrai chez les francophones qui ne font pas partie d'un programme d'immersion spécial. Ces derniers doivent donc se contenter de leurs seuls cours d'anglais.

S'ils le désirent, les parents qui ont des enfants à la Commission scolaire English-Montréal peuvent aussi décider de les voir passer encore plus de temps en français. Un modèle d'immersion partielle leur est proposé, qui divise le temps d'enseignement à parts égales entre l'anglais et le français.

Finalement, le modèle d'immersion française propose l'enseignement exclusivement en français en première et deuxième année. Le cours d'Éthique et de culture religieuse est cependant donné en anglais, pour respecter le fait que la commission scolaire est anglophone. À partir de la troisième année, les élèves reçoivent 43 % de leurs cours en français, 57 % en anglais.

Les modèles d'immersion, partielle ou totale, comptent 6700 élèves, alors que le modèle d'enseignement du français de base en dénombre 2000, affirme Christine Denommée, directrice adjointe des services pédagogiques à la commission scolaire English-Montréal.

...et au secondaire

Au secondaire, les écoles anglaises n'offrent plus de programmes d'immersion. L'enseignement du français passe par le cours de langue seconde.

Le ministère de l'Éducation oblige les écoles à offrir des cours de français langue seconde de base ou enrichi. Les élèves plus avancés peuvent quant à eux se prévaloir de l'enseignement du français « langue d'enseignement », dont le programme est exactement le même que pour l'enseignement du français aux élèves francophones.

La Commission scolaire English-Montréal a de son côté pris l'initiative d'offrir un quatrième programme, nommé français « langue maternelle », dont la difficulté est à mi-chemin entre le cours de français langue seconde enrichi et celui du français « langue d'enseignement ».

Alors que les cours d'immersion française sont très populaires au primaire, l'engouement pour le français enrichi diminue chez les élèves plus âgés. On retrouve à la Commission scolaire English-Montréal 4500 élèves qui suivent le cours de français langue seconde de base et 1500 qui suivent le cours enrichi. Quant au cours français « langue maternelle », il compte lui aussi 1500 élèves, alors que 950 sont inscrits au cours de français « langue d'enseignement ».


Méthodologie du sondage

Les résultats de l'enquête sont basés sur un sondage téléphonique mené entre le 15 et le 23 janvier auprès d'un échantillon aléatoire de 1001 Québécois anglophones.

La marge d'erreur est de +/- 3,1 %, 19 fois sur 20.


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