Un « excès de zèle » met l'OQLF dans l'embarras

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Enseigne du restaurant Buonanotte Enseigne du restaurant Buonanotte

L'Office québécois de la langue française (OQLF) considère qu'il y a eu « excès de zèle » de sa part dans le traitement d'une plainte contre le restaurant montréalais Buonanotte.

Le propriétaire du restaurant italien, Massimo Lecas, a reçu une plainte formelle de l'OQLF mardi. L'Office exigeait plusieurs changements et corrections au menu du Buonanotte.

Les mots italiens « pasta », « bottiglia » et « calamari » devaient notamment être traduits en français par « pâtes », « bouteille » et « calmar » respectivement.

Massimo Lecas dit avoir été très surpris des demandes de l'OQLF, et affirme n'avoir jamais été réprimandé de la sorte auparavant.

Menu du restaurant Buonanotte

L'Office québécois de la langue française a publié un communiqué mercredi soir pour clarifier sa position, car la plainte déposée contre le Buonanotte a enflammé les réseaux sociaux.

L'OQLF note que « malgré l'utilisation de certains mots dans une autre langue que le français dans le menu du restaurant, force est de constater qu'il y a eu excès de zèle ».

« On pourrait dire dans ce cas qu'on a été un peu trop vite en affaire pour demander des corrections », a reconnu jeudi Martin Bergeron de l'Office québécois de la langue française sur les ondes de RDI.

Des cas d'exception

Selon la loi, c'est la règle de l'équivalence qui prévaut dans le cas des menus de restaurants, c'est-à-dire que l'emploi de mots étrangers est permis, mais ces derniers ne doivent pas être prédominants ni remplacer les descriptions et explications en français. La loi prévoit cependant des exceptions, souligne Martin Bergeron, directeur des communications à l'OQLF.

Selon lui, il existe des cas, notamment lorsqu'il est question de spécialités culinaires étrangères, où l'emploi de termes étrangers prédominants sur le français est permis. Et cela pourvu que la description du plat soit en français.

« Lorsqu'on parle d'un restaurant italien, on peut mettre les noms en italien, dans un restaurant grec on peut mettre les noms en grec, ce n'est pas un problème. L'important c'est d'avoir le reste de la description en français.  » — Martin Bergeron, directeur des communications OQLF

L'Office ajoute qu'il tiendra compte à l'avenir de cette exception dans son règlement relatif aux spécialités culinaires étrangères. « C'est certain que le message va être passé à tout le monde [à l'OQLF] pour que la règle soit bien comprise et bien appliquée », a assuré Martin Bergeron.

Réactions à Québec

La ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy, a également publié un communiqué mercredi pour signifier son accord avec la révision de l'OQLF.

Elle écrit que « dans toutes les questions entourant la langue, jugement et modération doivent être ce qui nous guide. Les correctifs apportés [mercredi] par l'Office me confirment que j'ai raison de faire confiance à l'expertise et à la qualité du travail réalisé ».

Le ministre responsable des relations avec la communauté anglophone québécoise, Jean-François Lisée, a également conclu qu'il s'agissait d'un excès de la part de l'OQLF.

Un porte-parole de l'Office québécois de la langue française, Martin Bergeron, confirme que l'OQLF communiquera avec M. Lecas pour rectifier la situation.

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