Jeunes scientifiques recherchées

Le reportage de Pascal Robidas

Des centaines d'adolescentes du secondaire ont participé à l'événement Les filles et les sciences, samedi, une journée portes ouvertes qui leur est spécialement réservée dans des universités québécoises afin de les encourager à envisager une carrière en science.

Alors que le Collège des médecins notait plus tôt cette semaine une féminisation de la profession de médecin, elles sont beaucoup moins nombreuses dans d'autres chasses gardées masculines du domaine scientifique.

Le génie, par exemple, est l'un de ces milieux où les femmes sont sous-représentées. Leur taux d'admission n'y a augmenté que de 1 % par année depuis 10 ans au Québec. En 2011, elles représentaient moins d'un étudiant sur cinq dans tous les programmes de génie de la province.

« Personnellement, je fais ce que je veux faire. J'adore ma job », explique Sofi Lamont-Cardinal, conceptrice de jeux vidéo chez Hibernum Créations. « Je trouve ça triste de voir qu'il y a du monde dans la vie qui s'empêche de faire un travail parce qu'ils pensent que ce n'est pas pour les femmes », a-t-elle ajouté lors du volet montréalais de l'événement.

À l'École de technologie supérieure, 300 adolescentes ont répondu à l'appel. Pour les inspirer, la gagnante de quatre championnats du monde en jeux vidéo, Stéphanie Harvey, participait à l'événement à titre de porte-parole.

Âgée de 26 ans, la conceptrice de jeux chez Ubisoft confirme que les préjugés et les stéréotypes sont toujours bien présents dans son domaine. Les commentaires sexistes sont monnaie courante, dit-elle. « Ce n'est pas anecdotique... C'est constamment ».

À Québec, plusieurs entreprises participaient à l'événement organisé à l'Université Laval, où l'absence des filles se fait également remarquer dans les programmes scientifiques. Les adolescentes sur place ont participé à des ateliers donnés par les entreprises Creaform et Gentec et la pharmaceutique Glaxo Smith Kline.

Christine Syvrais, technicienne en chimie analytique chez Glaxo Smith Kline, confirme que les entreprises qui cherchent de la relève espèrent susciter l'intérêt des filles. Ainsi, idéalement, celles-ci pourront pallier le manque de main-d'œuvre en science et en technologie.

L'activité a aussi eu lieu à Sherbrooke et à Rimouski. L'événement en était à sa 14e édition.