Sommet sur l’enseignement supérieur

La mission des universités est en péril, affirment les recteurs

Luce Samoisette, présidente du conseil de la CREPUQ, en conférence de presse à Montréal le 15 février 2013 Luce Samoisette, présidente du conseil de la CREPUQ, en conférence de presse à Montréal le 15 février 2013

En prévision du Sommet sur l'enseignement supérieur, les recteurs des universités font une sortie en règle contre les compressions budgétaires de 250 millions de dollars sur deux ans que leur impose le gouvernement Marois.

La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) affirme que ces compressions entraîneront des pertes d'emplois massives, en plus de forcer la réduction ou même la fermeture de certains services.

En conférence de presse vendredi matin, la présidente du conseil de la CREPUQ, Luce Samoisette, a soutenu qu'environ 1400 emplois étaient en jeu. Il s'agit autant de mises à pied que d'embauches qui seront reportées ou de postes qui ne seront pas attribués.

De plus, la CREPUQ affirme qu'il y aura des réductions dans les services de santé, d'aide psychosociale et aux étudiants en difficulté, il y aura moins d'appui pour les professeurs et moins de formations, ainsi qu'une réduction des bourses. Il pourrait également y avoir une diminution dans l'offre de cours, ainsi que dans les heures d'ouverture des bibliothèques, ainsi que moins d'achats de livres et de matériel.

« Le réseau universitaire québécois n'est pas en mesure d'absorber les compressions de 250 millions qui lui ont été imposées pour cette année et l'an prochain sans encourir des dommages réels à sa capacité d'accomplir sa mission qui prendront des années à se résorber. » — Luce Samoisette, présidente du Conseil de la CREPUQ

Le 4 décembre 2012, le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, a averti les universités qu'elles devraient réaliser des compressions budgétaires de 124 millions de dollars avant le 30 avril 2013, ce qui correspond, selon la CREPUQ, à une retenue de 5 % de leur subvention annuelle de fonctionnement.

Même si le gouvernement a ensuite annoncé qu'il permettrait aux établissements de faire des déficits, cela ne suffira pas, affirment les recteurs, qui pensent que la qualité du réseau sera compromise par les compressions. Le réinvestissement promis à partir de 2014-2015 ne suffira pas à éviter « des dommages sévères et prolongés . »

« Quelle université voulons-nous? »

Par ailleurs, les chefs d'établissement on fait part de leurs attentes à l'égard du Sommet sur l'enseignement supérieur qui se tiendra les 25 et 26 février à Montréal.

Les recteurs se disent en accord avec l'idée de revoir les mécanismes de reddition de comptes, et l'identification d'indicateurs de performance stratégiques ainsi qu'avec la création d'un organisme indépendant qui chapeauterait le réseau, pourvu qu'on maintienne l'autonomie de leur gestion et qu'on n'empiète pas sur les compétences des conseils d'administration.

Surtout, ils souhaitent que les discussions portent sur « l'essentiel »,soit  l'avenir des universités, et pas seulement sur les droits de scolarité.

« C'est l'avenir du Québec qui se joue maintenant, tant il est vrai que les universités sont essentielles à son développement. » — Luce Samoisette, présidente du Conseil de la CREPUQ