Theresa Spence met fin à sa grève de la faim

Le reportage de Daniel Thibeault

Theresa Spence, la chef de la réserve d'Attawapiskat devenue le symbole du mouvement Idle No More pour l'amélioration des conditions de vie des Autochtones, a décidé de mettre fin à sa grève de la faim aujourd'hui. Elle ne se nourrissait que de bouillon de poisson et de tisane médicinale depuis six semaines.

Dans un communiqué publié mercredi après-midi, le porte-parole de Mme Spence a confirmé que cette dernière et Raymond Robinson, de la Première Nation manitobaine Cross Lake, ont décidé d'arrêter leur grève sur la base des engagements inscrits dans la déclaration d'appui de l'Assemblée des Premières Nations (APN), l'Association des femmes autochtones du Canada, le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral du Canada.

La chef Spence et Raymond Robinson s'adresseront aux médias jeudi à 11 h, heure normale de l'Est.

Plus tôt mercredi, une délégation comprenant le chef par intérim du PLC, Bob Rae, et un leader autochtone du nord de l'Ontario, Alvin Fiddler, a rencontré Mme Spence afin de trouver une solution convenable pour que le jeûne soit interrompu.

Lundi, les chefs des Premières Nations du Canada ont réclamé une nouvelle rencontre avec le premier ministre Stephen Harper et le gouverneur général David Johnston dans le but de mettre fin au jeûne de Theresa Spence. L'exécutif de l'APN a appuyé la demande.

M. Harper n'y a toujours pas donné suite. Son porte-parole, Andrew MacDougall, a indiqué que le premier ministre aura une rencontre privée avec le chef de l'APN, Shawn Atleo, lorsque le congé de maladie de celui-ci aura pris fin.

En fin de journée mercredi, le chef Shawn Atleo a annoncé qu'il reprendra ses activités après l'arrêt de travail prescrit par son médecin la semaine dernière. Il donnera un point de presse jeudi à Vancouver.

La chef d'Attawapiskat avait déclaré qu'elle était prête à mourir pour la cause de son peuple. Mme Spence insistait pour la tenue d'une autre rencontre avec M. Harper et le gouverneur général le 24 janvier, un an après le sommet entre le gouvernement fédéral et les chefs autochtones tenu en 2012.