La multiplication des campus satellites à l'étude

Salle de cours d'université Salle de cours d'université

La question de la multiplication des campus satellites des universités québécoises sera débattue jeudi lors d'une autre rencontre préparatoire au sommet sur l'enseignement supérieur, qui se déroule à Sherbrooke.

L'un des campus satellites les plus connus est celui de l'Université de Sherbrooke (UdeS) à Longueuil. En 2010, l'Université y inaugurait un édifice de 16 étages, construit au coût de 127 millions de dollars. L'Université y accueille 4000 étudiants.

Les cours sont surtout offerts le soir, et les étudiants sont majoritairement à la maîtrise ou au doctorat.

« On a beaucoup parlé d'échecs en termes de construction immobilière universitaire dans le cas de Montréal, mais ce cas-là à l'Université de Sherbrooke, comme de très nombreux autres cas universitaires, sont des cas de succès, ça a très bien fonctionné », affirme le vice-recteur de l'UdeS, Alain Webster.

Certains remettent toutefois en question les campus satellites qui se multiplient au Québec. 

Radio-Canada rapportait en novembre que plusieurs des locaux du campus de l'UdeS de Longueuil sont toujours vides, trois ans après l'inauguration de l'édifice.

À Longueuil, dans le même quadrilatère, on retrouve outre l'Université de Sherbrooke, l'Université de Montréal, l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et l'Université Laval.

« Il s'agit d'un éparpillement des campus, d'un essaimage des lieux des différentes universités parce qu'elles vont trouver leur financement dans le nombre d'étudiants », soutient le directeur général de l'Institut sur la gouvernance d'organisations publiques et privées, Michel Nadeau.

Les 18 universités du Québec offrent des formations sur près de 300 sites hors campus, la plupart du temps dans de petits points de services à faibles coûts. Ces programmes répondent généralement à des besoins spécifiques de formation.

Par contre, le Centre universitaire de recherches en analyse des organisations, qui a étudié le phénomène, demande un moratoire sur les gros campus satellites comme celui de Longueuil, le temps d'établir une politique claire.

« Il y a apparence de dédoublement de l'offre de formation, alors là, les universités se font davantage de concurrence via ces succursales », soutient un étudiant au doctorat en mesure et évaluation en éducation à l'Université de Montréal, Sylvain Dubé.

« Non, il n'y a pas de concurrence, la concurrence c'est se partager la même enveloppe. Au Québec, depuis 10 ans, l'effectif étudiant a augmenté de 30 %. On a répondu à un besoin du milieu, un besoin de la société d'accroître la formation », poursuit de son côté M. Webster.

« C'est le dernier sujet tabou, la gestion des universités. Personne n'ose remettre en question la qualité de la gestion des universités », soutient quant à lui M. Nadeau.

Les associations étudiantes ont d'ailleurs soulevé la question de la gestion des universités et, plus précisément, des campus satellites, lors des manifestations du printemps 2011 et entendent revenir à la charge lors du sommet sur l'éducation supérieure, en février.

Le gouvernement du Québec finance les universités québécoises à raison de 3 milliards de dollars par année, ce qui représente 80 % de leurs budgets.

D'après un reportage de Denis-Martin Chabot

Info en continu Afficher le fil complet

Facebook