Adoption d'enfants en Haïti : une quinzaine de dossiers réactivés au Québec

Ces jeunes orphelins haïtiens s'apprêtent à être envoyés en France pour être adoptés.

Le Québec, qui avait suspendu l'adoption d'enfants en Haïti quelques mois après le séisme de 2010, entend réactiver une quinzaine de demandes dans les prochaines semaines.

Il s'agit de dossiers déposés juste avant le 12 janvier 2010. Les demandes qui sont toujours actives seront mises à jour notamment par de nouvelles évaluations psychosociales et de santé pour les parents.

Il pourrait s'écouler encore un an et demi avant que ces familles québécoises puissent aller chercher leur enfant en Haïti.

Cette décision s'explique par les récents changements opérés par Haïti dans la procédure d'adoption. C'est le gouvernement haïtien qui effectuera les jumelages entre les parents adoptifs et l'enfant, par l'entremise de l'Institut de bien-être et de recherche.

Avant les changements apportés à la procédure, c'était à deux organismes accrédités par le Secrétariat à l'adoption internationale (SAI) au Québec qu'incombait la responsabilité de ces opérations.

Le consentement des parents biologiques n'était pas toujours éclairé, ce qui irritait les pays signataires de la convention de La Haye sur les droits des enfants. Plusieurs de ces parents ne comprenaient pas qu'ils rompaient le lien de filiation en laissant leur enfant à la crèche.

Désormais, les deux organismes accrédités au Québec par le SAI doivent également l'être par le gouvernement haïtien.

Pas de nouvelles demandes pour l'instant

La ministre déléguée responsable du Secrétariat à l'adoption internationale, Véronique Hivon, voit ce projet-pilote comme la possibilité de reprendre l'adoption dans un cadre sécuritaire.

« Si tout se passe bien, il va pouvoir y avoir au cours de la prochaine année une ouverture plus grande. » — Véronique Hivon, ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse

Le nombre d'enfants adoptés à l'international par des familles québécoises a diminué des deux tiers entre 1996 et 2011, passant de 977 à 339, notamment avec le resserrement de l'adoption en Chine et les suspensions en Haïti et au Vietnam. Des pressions ont été exercées par l'UNICEF et par plusieurs pays sur Haïti pour qu'il signe la convention de La Haye. Le Vietnam veut aussi maintenant s'y conformer.

D'après le reportage d'Anne-Louise Despatie

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