L'UPAC enquêtera sur les transactions du CUSM

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Chantier du CUSM (archives)

Le ministère de la Santé du Québec donne le mandat à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) d'enquêter sur les transactions immobilières du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Le ministère a confirmé à Radio-Canada avoir contacté l'UPAC mercredi pour lui demander de faire enquête.

Cette annonce survient au lendemain de la publication du rapport d'un comité d'experts qui s'est penché sur les finances de l'établissement. Selon ce rapport, le déficit du CUSM pourrait atteindre 115 millions de dollars pour 2012-2013. Le montant initialement prévu pour le projet était de 12 millions.

Le rapport fait notamment état de transactions immobilières « hasardeuses », faites sans les autorisations nécessaires de l'Agence de santé et des services sociaux de Montréal ou du ministère, de nombreuses transgressions de règles et d'un mépris des contraintes budgétaires.

À la lumière de ce rapport, le gouvernement du Québec a mandaté un accompagnateur au conseil d'administration du centre hospitalier pour parvenir à l'équilibre budgétaire. Le Dr Michel Bureau devra mettre en oeuvre les 49 recommandations du rapport et identifier les mesures d'économies supplémentaires.

Les révélations sur la mauvaise gestion du CUSM s'ajoutent par ailleurs aux allégations de corruption dans la construction du nouvel hôpital, qui fait déjà l'objet d'une enquête de l'escouade Marteau de la Sûreté du Québec.

La CSN s'inquiète pour le personnel du centre hospitalier

Réagissant à l'annonce de la nomination d'un accompagnateur au CUSM, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) s'inquiète que la pression pour un retour rapide à l'équilibre budgétaire puisse mener à une détérioration des conditions de travail pour les employés de l'établissement et pour les soins.

Dans un communiqué, le syndicat met le Dr Bureau en garde. « Des compressions supplémentaires dans les services à la population, qu'il s'agisse de soins médicaux comme de l'entretien des bâtiments, seraient d'autant plus scandaleuses qu'on sait fort bien que les problèmes financiers du CUSM sont dus à de mauvaises décisions de gestion et à du gaspillage ». Le syndicat souligne aussi que les employés du CUSM sont déjà « à bout de souffle ».

Dénonçant une culture du secret au sein de la direction du centre, la CSN se montre aussi pessimiste quant à un retour à une saine gestion de l'établissement. Le syndicat affirme à ce sujet que dans l'ensemble, l'équipe actuelle de gestionnaires reste en place, « particulièrement aux finances où les responsables ayant fermé les yeux sur ces dérapages sont encore les mêmes ».

De son côté, le ministre Hébert est beaucoup plus optimiste. Même s'il a qualifié mercredi le CUSM de « dernier de classe » en matière de gestion, le ministre croit que « le ménage a été fait » et que le centre hospitalier peut désormais améliorer sa performance.

Avec des informations d'Anne Panasuk