Une famille mexicaine menacée d'expulsion

Les explications de Benoît Giasson

Une famille mexicaine qui vit à Montréal et qui doit être déportée a demandé mardi au ministre de l'Immigration du Canada, Jason Kenney, de revoir la décision.

La famille Reyes Mendez a fui le Mexique en 2008, après que le père a été enlevé à trois reprises selon ses dires. La dernière fois, son fils, qui avait alors 11 ans, a également été kidnappé.

À leur arrivée au Québec, ils ont demandé l'asile, qui leur a été refusé en mai 2012. Leur demande d'appel a été rejetée en août, mais ils soutiennent que leur avocat ne les en a pas informés. Ils doivent se présenter devant l'immigration le 27 décembre pour connaître la date de leur expulsion.

La famille avait convoqué les médias dans une église du boulevard Rosemont dans le but de sensibiliser la population à leur cause. Ils plaident que leurs enfants, âgés maintenant de 16 et 17 ans, sont bien intégrés au Québec. Leur jeune fils demande d'ailleurs à pouvoir terminer son année scolaire. Le père travaille et ils ont tous appris le français. Ils disent craindre pour leur vie s'ils retournent au Mexique.

« Je demande au gouvernement du Canada : s'il vous plaît, laissez-nous rester ici, parce qu'on ne peut pas retourner dans notre pays. [...] Maintenant qu'on habite ici, on est en sécurité et on a refait une nouvelle vie. » — Eduardo Reyes Mendez, fils

Les Reyes Mendez sont appuyés par l'organisme Mexicains unis pour la régularisation (MUR), qui demande un moratoire sur les expulsions de Mexicains installés au Québec. L'organisme soutient que ce pays est aux prises avec une guerre sanglante dans laquelle la population est prise en otage.

Ils souhaiteraient présenter une demande pour considérations d'ordre humanitaire, mais l'entrée en vigueur de la loi C-31, le 15 décembre dernier, implique qu'ils devraient attendre un an avant de faire cette demande et risqueraient donc la déportation entre-temps.

« On vit en paix aujourd'hui. Je sais que si on retourne au Mexique, ça va devenir la tristesse, l'affliction, la fatigue spirituelle. Chaque fois que mon mari sortait pour travailler, on se demandait s'il allait retourner à la maison ou non. » — Marisol Mendez, mère

Khadir soutient la famille

Le député de Mercier Amir Khadir dénonce la loi et demande l'intercession de la ministre de l'Immigration du Québec.

« Si une famille ne veut pas [...] être illégale pendant un an avant de déposer une demande, quel est le recours? Il y a quelque chose d'aberrant là-dedans, qu'on force des gens qui veulent respecter la loi à tomber dans l'illégalité pour demander quelque chose qui est très légitime. » — Amir Khadir

Avec les informations de Marie-France Abastado et Benoît Giasson.

Info en continu Afficher le fil complet

Facebook