Radio-Canada demande au CRTC de tenir compte du paysage technologique

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le compte rendu de Daniel Thibeault

Les audiences pour le renouvellement des licences de Radio-Canada et de CBC devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) se sont amorcées lundi à Gatineau. Invoquant la transformation de l'environnement technologique depuis le dernier renouvellement de ses licences, la haute direction de la société d'État demande au CRTC de lui accorder une plus grande flexibilité pour accomplir son mandat et engranger des revenus.

Les dernières audiences remontent à 1999.

À la lumière des changements technologiques qu'ont connus la télévision et la radio depuis 13 ans, mais aussi de l'avènement du numérique, qui a eu une incidence sur les deux autres plateformes de diffusion, le président-directeur général de CBC/Radio-Canada, Hubert Lacroix, a plaidé en faveur d'un allégement réglementaire qui tiendrait compte de la « réalité multiplateforme » et d'un « environnement en évolution ».

« Nous sommes loin de l'approche "une plateforme à la fois" qui est utilisée dans le monde de la réglementation », a-t-il expliqué, réclamant une « approche réglementaire simplifiée et rationalisée ».

Radio-Canada/CBC veut notamment pouvoir diffuser des contenus sur la plateforme qui satisfait le mieux aux besoins des auditeurs sans devoir retourner devant le CRTC à chaque changement. « Le changement perpétuel est à l'ordre du jour », a dit M. Lacroix.

Elle veut par exemple étendre son offre d'émissions jeunesse sur le web afin de répondre davantage aux besoins des enfants.

La société d'État se demande également pourquoi elle devrait prendre des « engagements sur un nombre d'heures ou sur une autre mesure lorsque ce n'est pas financièrement viable ».

M. Lacroix a aussi évoqué les « défis financiers » auxquels Radio-Canada/CBC est confrontée. Pour accomplir son mandat avec qualité, elle demande de pouvoir diffuser de la publicité sur ses chaînes Espace musique et Radio 2.

Servir toute la population canadienne

Le directeur du CRTC, Jean-Pierre Blais, a posé plusieurs questions. Le directeur du CRTC, Jean-Pierre Blais, a posé plusieurs questions.

Lors de la période de questions, le président du CRTC, Jean-Pierre Blais a invoqué le mandat de Radio-Canada.

« En se préparant aux nouvelles réalités numériques, il ne faut pas laisser personne derrière non plus. Nous avons des membres de nos communautés qui ne sont pas aussi branchées pour toutes sortes de raisons [...]. C'est bien beau parler de ces nouvelles plateformes, mais qu'est-ce qu'on fait pour cette tranche de la population? », a-t-il demandé.

M. Lacroix s'est fait rassurant, rappelant que 95 % des budgets de la société d'État étaient encore consacrés à la radio et à la télé, et 5 % au web. Il faut tenir compte de tout le monde, a-t-il assuré.

« Le web ne sera là que pour appuyer les plateformes traditionnelles. » — Hubert Lacroix

Un financement réduit

M. Blais s'est en outre interrogé sur le plan stratégique de Radio-Canada/CBC, qui va jusqu'en 2015, estimant que c'était « plutôt à courte vision ».

Précisant que les « axes stratégiques » seraient les mêmes après cet horizon, M. Lacroix a répondu que la haute direction réfléchissait sur le plan qui suivrait. La « Stratégie 2015 » n'est qu'une « carte de route », a-t-il ajouté, rappelant que sa planification coïncidait avec un contexte où la société d'État avait été « bousculée par des enjeux financiers ».

Le dernier budget fédéral prévoit des compressions à CBC/Radio-Canada de 115 millions de dollars sur trois ans, auxquelles se sont ajoutées, en octobre dernier, des coupes budgétaires de 28,4 millions de dollars. Au total, 650 emplois pourraient être supprimés.

La question du financement du diffuseur public, un sujet hautement politique, ne fait pas partie de ce que le CRTC va évaluer au cours des audiences, sauf indirectement, puisque l'accomplissement de son mandat de Radio-Canada/CBC dépend des ressources dont elle dispose.

Le porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de Patrimoine, Pierre Nantel, a dit croire que le financement de la société d'État était « l'éléphant dans la pièce ».

Les audiences devant le CRTC dureront deux semaines. Quelque 80 intervenants doivent y présenter leur point de vue.

Les audiences visent à renouveler les licences pour 11 services:
- La télévision de Radio-Canada
- ARTV
- RDI
- La Première Chaîne
- Espace Musique
- CBC Television
- Bold
- Documentary
- CBC News Network
- Radio One
- Radio Two

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