La commission Charbonneau

La requête du mafieux Raynald Desjardins débattue la semaine prochaine

François Messier
Radio-Canada
Raynald Desjardins lors de son arrestation, le 21 décembre dernier. Raynald Desjardins lors de son arrestation, le 21 décembre dernier.

La requête du mafieux Raynald Desjardins visant à faire casser son assignation à comparaître devant la commission Charbonneau sera entendue lundi matin, a annoncé jeudi le procureur Simon Tremblay.

L'avocat de Raynald Desjardins, Me Marc Labelle, a déjà plaidé en Cour supérieure que son client ne voulait pas témoigner, de crainte que cela nuise à son procès. Le tribunal a rejeté cette requête le 22 octobre.

Raynald Desjardins, considéré comme l'un des dirigeants du crime organisé à Montréal, est formellement accusé d'avoir assassiné un autre mafieux, Salvatore Montagna, le 24 novembre 2011, à Charlemagne.

Le 16 septembre 2011, Raynald Desjardins avait lui-même été victime d'une tentative d'attentat. Quelqu'un avait tiré en direction de sa voiture sur le boulevard Lévesque, près du nouveau pont de l'autoroute 25, dans le quartier Saint-Vincent-de-Paul de Laval.

Raynald Desjardins est en outre le beau-frère du mafieux Joe Di Maulo, assassiné la semaine dernière. Le quotidien La Presse a révélé que Desjardins avait été placé dans un secteur à haute sécurité du Centre de détention Rivière-des-Prairies dans la foulée de ce meurtre.

Retour sur la collusion d'entrepreneurs

La procureure en chef de la commission, Sonia Lebel, a en outre annoncé que la commission reviendra la semaine prochaine sur le système de collusion mis sur pied par des entrepreneurs en construction.

« Suite au témoignage de M. Zambito, nous avons délaissé - de façon délibérée, parce que c'était là où notre enquête nous menait - la question des entrepreneurs. »

« Dès la semaine prochaine, j'annonce à mes collègues que [...], comme prévu à l'automne, nous allons explorer un peu plus à fond la question de la corruption sur le territoire, plus particulièrement de la Ville de Montréal entre entrepreneurs ».

« Nous aurons aussi la question des secteurs d'activités et du partage du territoire », a ajouté Me Lebel.

Un mystérieux entrepreneur à la barre des témoins

L'un des témoins qui sera entendu dès lundi à ce sujet a présenté une requête à la commissaire France Charbonneau pour que son audience ne soit pas diffusée en direct, en raison d'une condition médicale « particulière et exceptionnelle ».

Cette requête, qui a été acceptée, fait en sorte que le son et l'image de ce témoignage ne pourront être diffusés avant qu'il soit complété. Le nom de l'entrepreneur pourra cependant être diffusé dès qu'il aura entrepris son témoignage, et ses propos pourront être rapportés par les médias.

S'appuyant sur les rapports de trois médecins psychiatres qui ont évalué le futur témoin, l'avocat de l'entrepreneur, Me Stephen Angers, avait plaidé que le refus de la commission d'adhérer à cette demande aurait « porté atteinte à l'intégrité tant physique que mentale de son client » et « affecté sa capacité à témoigner ainsi que le contenu de son témoignage ».

La commissaire Charbonneau a accepté la requête, en déclarant qu'il s'agissait là d'une « limitation raisonnable du caractère public des audiences ».

La requête de Me Angers et les rapports des médecins psychiatres sont frappés d'un interdit de publication.

Facebook