La commission Charbonneau

Commission Charbonneau : au tour des surveillants de chantier

François Messier
Radio-Canada
Le surveillant de chantier Michel Paquette Le surveillant de chantier Michel Paquette

Le surveillant de chantier de la Ville de Montréal Michel Paquette a entrepris son témoignage mercredi après-midi devant la commission Charbonneau. L'exercice n'a pas donné lieu à d'importantes révélations.

M. Paquette et son collègue Francois Thériault, qui sera entendu après lui, ont été montrés du doigt par l'ex-propriétaire d'Infrabec Lino Zambito et par un ingénieur responsable de la surveillance des chantiers à la Ville de Montréal, Luc Leclerc.

Ils ont d'ailleurs été tous deux suspendus sans solde par la Ville, au même titre que Gilles Vézina et Yves Themens, les deux derniers témoins entendus par la commission.

Depuis 19 ans, Michel Paquette surveille des chantiers pour différents ingénieurs chargés de projet, dont Luc Leclerc. Sa tâche consiste essentiellement à s'assurer que les plans et devis sont respectés et que les travaux ne soient pas bloqués en raison des équipements de services d'utilité publique (téléphone, électricité).

À ce titre, il dit visiter de trois à quatre chantiers par jour, deux fois par jour dans la mesure du possible. Ces relations l'ont amené à développer de bonnes relations avec des journaliers, mais aussi avec des gérants de projets des entrepreneurs en construction.

M. Paquette dit d'ailleurs être allé manger à quelques reprises, souvent sans rendez-vous, avec des personnes en autorité dans les firmes BP Asphalte (Joe Borsellino) Arctic Beluga (Robert Lapointe), Bentech (Aurelio Bentivegna), Soter (Jocelyn Roy), Conex (Lewis Conte), CSF et Catania.

Ces compagnons de repas payaient souvent la facture, a-t-il admis.

Michel Paquette a aussi reconnu qu'il recevait des bouteilles de vin à Noël de la part des entrepreneurs dont il avait surveillé des chantiers. « C'était une culture d'entreprise », a-t-il fait valoir, en concédant qu'il se sentait apprécié quand cela se produisait.

Michel Paquette a en outre expliqué que si des imprévus susceptibles d'entraîner des coûts importants survenaient sur un chantier, il en référait à l'ingénieur responsable. La décision finale à ce sujet revenait à l'ingénieur, bien que son jugement avait un certain poids.

En cas de problème, Michel Paquette dit qu'il tentait de se rendre sur les chantiers, mais que cela n'était pas toujours possible dans l'immédiat. Il admet ainsi qu'il a parfois fait confiance à des entrepreneurs dont il estimait la qualité du travail, comme Garnier, Bentech et Frank Catania et associés.

Michel Paquette avait aussi pour responsabilité de prendre en note les quantités utilisées au chantier (mètres cubes de terre excavés, longueur des tuyaux, etc.). Le chargé de projet responsable ne pouvait que constater ses mesures, a-t-il dit.

M. Paquette a aussi admis qu'il avait parfois été débordé de travail, en raison du manque de surveillants de chantier. En 2005, dans la foulée des défusions, il a même été seul à faire ce travail pendant quelques mois, avant que la Ville en embauche trois autres.

En 1993, la Ville avait plutôt 13 ou 14 surveillants de chantier, a-t-il dit.

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La voie royale pour les extras, selon Zambito

Lors de son témoignage devant la commission, le 1er octobre, Lino Zambito a dit que Michel Paquette et François Thériault collaboraient dans le stratagème des extras bidons réclamés par des entrepreneurs en construction.

Michel Paquette, a-t-il dit, « faisait ce qu'il avait à faire pour que les extras, quand il y avait des extras bidons, ça fonctionne ». Il a estimé avoir fait deux projets avec lui, mais n'en a finalisé aucun puisque sa compagnie a fait faillite.

François Thériault « fonctionnait dans le stratagème » lui aussi, a-t-il ajouté. « À son niveau, il était capable, sur le chantier, d'autoriser certains extras, parce que c'est lui qui gardait le journal quotidien des opérations ».

« C'était facile de s'organiser avec lui [F. Thériault] pour, oui c'est payable, non ce n'est pas payable. Puis, quand tu t'organisais avec lui, bien, c'était autorisé, et [...] la documentation était envoyée à l'ingénieur comme de quoi c'était payable. » — Lino Zambito

Zambito a dit que François Thériault touchait un pot-de-vin équivalant à 15 % des faux extras touchés par l'entrepreneur.

Luc Leclerc a pour sa part affirmé qu'il bénéficiait d'une bonne « complicité » avec François Thériault et Michel Paquette.

Un document déposé en preuve mardi par la commission a permis d'établir que les deux hommes travaillaient beaucoup plus fréquemment avec Luc Leclerc qu'avec d'autres ingénieurs responsables de la surveillance des chantiers.

Selon ce document, entre 1999 et 2011, François Thériault a été surveillant de chantier pour Luc Leclerc pour un total de 53 contrats et Michel Paquette pour 30 autres contrats. M. Leclerc a eu la charge de 181 contrats en tout durant cette période.

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