Les Québécois ont réduit de moitié leur utilisation de sacs en plastique

Moins de sacs en plastique

Les efforts déployés au Québec par les citoyens et les commerçants pour réduire l'utilisation de sacs en plastique à usage unique ont porté leurs fruits.

Selon une étude présentée lundi par le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, les Québécois ont réduit de 52 % leur utilisation de sacs d'emplettes à usage unique entre 2007 et 2010.

D'après les données présentées en conférence de presse, le Québec a atteint deux ans plus tôt que prévu son objectif de réduire de moitié l'utilisation de sacs à usage unique dans la province.

« En 2008, notre gouvernement avait lancé un objectif à l'industrie de réduire de 50 % pour 2012 le nombre de sacs d'emplettes uniservices utilisés par les consommateurs. Ce défi a été relevé avec brio par tous les Québécois », s'est félicité le ministre Arcand.

Selon les résultats de l'étude présentée par le ministre en compagnie de représentants de RECYC-QUÉBEC et de Éco Entreprises Québec, les Québécois ont utilisé 1 milliard de sacs à usage unique pour faire leurs emplettes en 2010, contre plus de 2,2 milliards en 2007. La réduction de l'utilisation de sacs à usage unique aurait même chuté de 60 % dans la catégorie des commerces de biens courants.

Ces résultats réjouissent la présidente-directrice générale de RECYC-QUÉBEC, Ginette Bureau : « Les résultats obtenus témoignent clairement de la capacité du Québec à se mobiliser en peu de temps afin de faire une différence significative au chapitre de la gestion responsable des matières résiduelles et de la réduction à la source », écrit-elle dans un communiqué.

Une mesure volontaire

Cette importante réduction de l'utilisation de sacs à usage unique dans le commerce au Québec est le résultat de l'adoption, par l'industrie et les détaillants, du Code volontaire de bonnes pratiques sur l'utilisation des sacs d'emplettes.

En vertu de ce code, adopté en 2008, les commerçants s'engageaient pour une durée de quatre ans à réduire considérablement leur consommation de sacs à usage unique. Le gouvernement du Québec avait renchéri en leur lançant le défi de réduire leur utilisation de 50 % d'ici 2012.

Dans les années qui ont suivi, plusieurs grandes chaînes de magasins, dont les grandes enseignes de l'alimentation, ont commencé à exiger des clients la somme symbolique de 5 ¢ pour chaque sac à usage unique en plus d'offrir à leur clientèle des gammes de sacs réutilisables.

Mais où vont les 5 ¢ perçus sur chaque sac?

La première réponse qui nous vient à l'esprit est sans doute dans la poche du commerçant, mais ce n'est pas tout à fait le cas. Du moins pas partout.

Les grandes chaînes d'alimentation, par exemple, réinvestissent une partie des sommes perçues sur l'achat de sacs à usage unique dans des projets environnementaux.

C'est le cas notamment de Loblaw qui, depuis 2007, a réduit de 3,8 milliards le nombre de sacs qu'elle distribue chaque année.

« Notre but n'est pas de faire des profits, mais bien de réduire le nombre de sacs en plastique en circulation », explique Christiane Dufresne, coordonnatrice, Affaires corporatives chez Provigo-Loblaw.

« Par exemple, depuis 2009, nous avons remis un million de dollars par année à WWF-Canada (soit 4 millions jusqu'à maintenant) pour soutenir des programmes ayant pour but d'inciter les Canadiens à respecter davantage l'environnement », ajoute Mme Dufresne.

Chez Métro, l'entreprise utilise les 5 ¢ perçus sur les sacs pour verser chaque année depuis 2009 au moins un million de dollars au Québec et en Ontario dans le fonds Éco-École. Ce fonds permet à des élèves du primaire et du secondaire d'obtenir des bourses de 1000 $ pour financer des projets qui ont un impact positif sur l'environnement.

Selon Marie-Claude Bacon, directrice principale aux Affaires corporatives de Métro, l'instauration du tarif de 5 ¢ le sac a permis de réduire de 70 % la consommation de sacs dans les épiceries de la chaîne.

Facebook