Manifestations pacifiques à Montréal et à Québec

Karine Bastien et Alexandra Duval font le point sur les manifestations

Comme tous les 22 du mois depuis mars, une grande manifestation nationale a eu lieu à Montréal, mais cette fois aussi à Québec, afin de protester contre la hausse des droits de scolarité et contre la loi 78 qui balise entre autres le droit de manifester. Elles ont réuni des dizaines de milliers de personnes.

À Montréal, la manifestation s'est déroulée dans le calme, dans une ambiance festive et pacifique. Plusieurs familles ont participé à la marche aux côtés des étudiants, mais également des élus, dont les porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir et Françoise David, et des organisations syndicales comme l'Alliance de la fonction publique du Canada.

Un porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), le sergent Laurent Gingras, a confirmé avoir reçu un itinaire du parcours à l'avance. La manifestation a donc été déclarée légale.

En conférence de presse avant le début de la marche, Jeanne Reynolds avait pourtant affirmé que la CLASSE continuerait à organiser des manifestations sans fournir un itinéraire à l'avance, ce qui contrevient à la loi 78.

Les étudiants et leurs sympathisants sont partis vers 14 h de la Place du Canada et sont arrivés environ deux heures plus tard au parc Jeanne-Mance, où la plupart des manifestants se sont dispersés.

Un groupe de quelques centaines de personnes a cependant continué sa route, empruntant l'avenue Mont-Royal puis terminant son parcours au carré Saint-Louis. Cette deuxième manifestation improvisée a été déclarée illégale par les policiers qui n'avaient pas reçu l'itinéraire.

En conférence de presse plus tôt, une porte-parole de la CLASSE, Camille Robert, a dit que son association profitera de l'été pour aller chercher des appuis auprès de la population.

La présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, a quant à elle promis que la mobilisation étudiante se poursuivra cet été et a promis également de faire sortir le vote des jeunes aux prochaines élections.

Selon la présidente de la FECQ, Éliane Laberge, aussi en conférence de presse, « le gouvernement semble plus préoccupé par faire des vidéos et des publicités » que de régler le conflit. Mme Laberge soutient que le mouvement étudiant est loin de s'essouffler, comme l'aurait souhaité le gouvernement libéral, et rappelle qu'il y a « des assemblées générales de grève de prévues pour le mois d'août ».

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Manifestation à Québec

Les manifestants au centre-ville de Québec Les manifestants au centre-ville de Québec

Les étudiants et leurs sympathisants issus du milieu syndical et politique ont manifesté aussi à Québec contre la hausse des droits de scolarité et la loi 78. Les organisateurs ciblaient également le nouveau règlement municipal adopté cette semaine par la Ville de Québec, qui interdit notamment de participer à un attroupement public entre 23 h et 5 h.

Le porte-parole de la CLASSE Gabriel Nadeau-Dubois estime que « les manifestations d'aujourd'hui prennent une tournure particulière avec les infos qui émanent de la commission Charbonneau. »

« De voir qu'on demande aux étudiants de faire leur juste part alors que des sommes importantes sont dilapidées dans la corruption dans le secteur de la construction. Ce gouvernement n'a plus la crédibilité nécessaire pour diriger le Québec. » — Gabriel Nadeau-Dubois

La députée Agnès Maltais est venue appuyer les manifestants au nom du Parti québécois.

Ces rassemblements font suite aux manifestations nationales tenues les 22 de chaque mois depuis le début du conflit étudiant, qui avaient rassemblé chaque fois des dizaines de milliers de personnes.

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