Droits de scolarité au Québec : un débat de société

Conflit étudiant : des milliers de manifestants bravent la pluie à Montréal

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le compte rendu de François Cormier

Une manifestation organisée samedi après-midi à Montréal par la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a rassemblé des milliers de participants.

Beaucoup moins de personnes sont présentes pour la manifestation nocturne qui s'est amorcée au parc Émilie-Gamelin.

Peu après 22 h 30, les manifestants se sont dispersés et aucune arrestation n'a été rapportée par le SPVM.

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Plus tôt, des centaines de manifestants se sont rassemblés au parc Jeanne-Mance en début d'après-midi, sous la pluie, et ont marché dans les rues de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

Leur nombre est passé à quelques milliers par la suite, à la faveur d'une embellie du temps. Le tintamarre de casseroles s'est déplacé calmement dans les rues de la métropole. L'événement s'est déroulé dans une ambiance bon-enfant. Des personnes de tous les âges étaient présentes.

Plus tard, au parc Molson, dans l'arrondissement de Rosemont-La Petite Patrie, un négociateur de la CLASSE a livré un discours aux manifestants, les remerciant pour leur mobilisation et les invitant à prendre part à une marche nocturne. Les manifestants se sont par la suite dispersés.

Par ailleurs, une dizaine de manifestants ont répondu à l'appel lancé par des étudiants de l'Université Laval pour un rassemblement contre la loi 78, au jardin Saint-Roch, à Québec.

La CLASSE tient également un congrès ce week-end pour établir un plan d'action estival, après l'échec des négociations avec le gouvernement dans la résolution du conflit étudiant.

Durant une conférence de presse tenue avant la manifestation, les porte-parole de la CLASSE ont dit ne pas avoir l'intention de perturber le Grand Prix de Montréal qui se tiendra prochainement, mais comptent bien utiliser cet événement comme une tribune pour faire valoir leurs revendications.

« Ce qui est prévu pour le Grand Prix, c'est une action de visibilité et d'information. On va distribuer de l'information, des carrés rouges, pour que les touristes qui visitent le Québec soient au courant qu'il se passe quelque chose et qu'ils comprennent pourquoi ils voient des images de manifestations à la télévision tous les jours », a affirmé Gabriel Nadeau-Dubois.

« C'est normal qu'une crise sociale transparaisse lorsqu'il y a des événements publics », a-t-il dit.

Par ailleurs, M. Nadeau-Dubois compte demander une prolongation de son mandat pour demeurer à son poste jusqu'à la résolution de la crise étudiante. Il quitterait ensuite ses fonctions.

Interviewée sur les ondes de RDI samedi matin, Jeanne Reynolds a précisé que les prochaines étapes de la mobilisation incluront l'ensemble de la population. Soulignant que le « ras-le-bol » était collectif, elle a ajouté que la lutte était « de moins en moins étudiante et de plus en plus populaire ».

« Quand M. Charest parle de la majorité silencieuse, moi je pense qu'elle est éveillée et qu'elle est dans la rue tous les soirs. » — Jeanne Reynolds, co-porte-parole de la CLASSE

La CLASSE n'a pas l'intention d'abandonner les manifestations comme moyen de pression pour exprimer son mécontentement.

L'association avait lancé un appel à toute la population pour tenter de rassembler un grand nombre de personnes, malgré la pluie. Mais au-delà des chiffres, a nuancé Mme Reynolds, « ce qui est important c'est que chaque jour il y ait quelque chose ».

La nébuleuse Internet Anonymous a publié sur son site web ce qui semble être une liste de noms et de numéros de téléphone au travail d'une centaine de policiers d'un peu partout au Québec, qui étaient inscrits à un colloque. Rappelons que le site du SPVM a été attaqué il y a quelques jours. Ces derniers mois, les corps policiers se sont vu reprocher par des citoyens d'avoir abusé de leurs pouvoirs durant les manifestations.

Quant au déclenchement prochain d'élections provinciales, Mme Reynolds a soutenu que ce n'était pas une solution idéale pour sortir de la crise.

« Ça reste une démocratie représentative, on a le droit de contester les mesures prises par les élus en notre nom. Mais quand ces mesures n'incluent pas l'ensemble de la population et vont au détriment d'une partie, comme la hausse des droits [de scolarité], on se demande dans quelle démocratie on vit », a-t-elle conclu.

FEUQ et FECQ à l'écart

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) disait être en réflexion samedi sur la suite des choses, à la suite de la rupture des négociations avec le gouvernement. Elle n'a pas pris part à l'organisation de la manifestation. La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), sans donner de mot d'ordre à ses membres, a décidé de ne pas non plus se présenter à la manifestation, notamment parce que l'itinéraire n'était pas transmis aux policiers.

Québec se paye une page de publicité dans les journaux

Le gouvernement du Québec a acheté une pleine page de publicité dans les journaux, samedi, pour expliquer les faits sur les droits de scolarité.

Il soutient que les dernières offres reflètent les préoccupations des étudiants et rendent les études supérieures plus accessibles que jamais, rappelant qu'en tant que gouvernement, sa responsabilité est d'être équitable envers tous les citoyens.

Il souligne par ailleurs que la contribution demandée aux étudiants pour financer les études supérieures est de 17 %, alors que les contribuables et autres sources sont appelés à fournir 83 %.

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