Droits de scolarité : les étudiants à nouveau dans les rues

Reportage de Jacques Bissonnet sur la grande mascarade étudiante

Les étudiants qui s'opposent à la hausse des droits de scolarité ont une nouvelle fois été encore bien visibles jeudi à Montréal, où une importante manifestation en plusieurs volets a occupé le centre-ville.

En fin d'après-midi, les protestataires avaient défilé sur plusieurs importantes artères de la métropole, dont Sherbrooke, Berri et René-Lévesque, ce qui a entravé la circulation.

À l'initiative de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), le rassemblement baptisé « La Grande Mascarade » a pris la forme d'un charivari.

Les étudiants se sont rassemblés au square Philips vers midi, puis se sont répartis en quatre groupes pour déambuler suivant différents trajets (ligne bleue, ligne orange, ligne verte et ligne jaune). La CLASSE les avait invités à se costumer et à se masquer pour créer une ambiance festive.

Les quatre marches se sont déroulées dans un calme relatif. Deux voitures de police ont été endommagées et trois personnes ont été arrêtées pour méfaits.

La manifestation s'est terminée en soirée dans le Quartier des spectacles, près de la Place des Arts.

Consultez la carte des différents trajets prévus, fournie par le SPVM.

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En matinée, quelque 200 étudiants sont venus appuyer 29 de leurs camarades qui comparaissaient au palais de justice de Montréal. Ces derniers, qui avaient occupé le Cégep du Vieux-Montréal dans la nuit du 17 février, sont accusés de méfait, d'entrave au travail des policiers et d'attroupement illégal. L'un d'entre eux est également accusé de voies de fait contre un policier.

Coup de semonce de la ministre Beauchamp

Sur le plan politique, la ministre de l'Éducation a répété qu'elle ne négociera pas avec les associations étudiantes tant qu'elles revendiqueront le gel des droits de scolarité. « Leur position est intransigeante, leur réaction est toujours la même, c'est le gel ou la gratuité du diplôme. On voit bien que ce n'est plus tenable », a déclaré Line Beauchamp à la sortie d'une réunion du caucus libéral.

Mme Beauchamp a toutefois laissé la porte ouverte à une amélioration du programme de prêts et bourses. « Il y a toujours de l'ouverture pour parler de la question du programme de prêts et bourses et de l'accessibilité. Ça a toujours été le cas », a-t-elle affirmé.

La ministre a par ailleurs prévenu les étudiants qu'un boycottage des cours qui perdurerait au-delà du congé pascal entraînerait de graves perturbations de leur session. Selon elle, il serait difficile d'organiser une reprise de cours et des sessions d'examens dans un délai acceptable.

Mme Beauchamp a fait valoir que la situation serait particulièrement critique dans cinq établissements collégiaux de la région de Montréal, où les étudiants sont en grève depuis plusieurs semaines. Elle estime que le temps commence à presser en raison notamment des contraintes imposées par la convention collective des professeurs du niveau collégial, qui ont droit à deux mois de vacances sans interruption. Pour la ministre, il est hors de question de terminer la présente session au début de l'automne.

Le président de Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, a exprimé sa déception au sujet des propos de la ministre. Bien qu'il reconnaisse que le temps commence à manquer et qu'il faudra trouver des modalités pour reprendre les cours, M. Bureau-Blouin ne craint pas l'annulation de la session en cours, une décision qui serait trop lourde de conséquences, selon lui.

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