Manifestation contre la brutalité policière : vandalisme et arrestations

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Les manifestants ont renversé une voiture de police sur la rue Ste-Catherine Les manifestants ont renversé une voiture de police sur la rue Ste-Catherine

Vitrines fracassées, véhicules vandalisés, la manifestation annuelle contre la brutalité policière a dégénéré un temps au centre-ville de Montréal, mais la situation est rentrée dans l'ordre autour de 22 heures.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) fait état de plus de 150 arrestations et estime qu'au total la marche a rassemblé entre 4000 et 5000 manifestants.

La foule s'est graduellement fragmentée en sous-groupes qui tenaient encore tête aux policiers en milieu de soirée, notamment rue Ste-Catherine entre les rues Bleury et McGill et près du parc Émilie Gamelin, mais les poches de résistance ont fini par se disperser.

Organisée par la Convergence contre la répression politique et policière (CCRPP), la manifestation s'était mise en branle dans le calme aux alentours de 18 h.

Rapidement, des altercations ont éclaté entre policiers et manifestants devant le siège social de Loto-Québec, où un étudiant avait été blessé lors d'une manifestation le 7 mars. Des manifestants vêtus de noir et cagoulés ont lancé des projectiles en direction des forces de l'ordre, qui ont répliqué avec des bombes assourdissantes et du poivre de Cayenne.

Vers 18 h 30, la manifestation a été déclarée illégale et les forces de l'ordre ont ordonné aux protestataires de se disperser.

Les heurts se sont poursuivis tout au long de la soirée dans divers secteurs du centre-ville, et des casseurs se sont livrés à des actes de vandalisme. Le magasin Future Shop a été pillé, des vitrines de commerces ont été fracassées, et des voitures de police ont été endommagées.

Ce rassemblement annuel donne généralement lieu à des affrontements entre policiers et manifestants qui se soldent par des arrestations. L'an dernier, 258 personnes ont été arrêtées. Jeudi matin, des policiers ont distribué des tracts invitant la population à ne pas participer à l'événement.

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Par les temps qui courent, la police de Montréal ne chôme pas. Cette manifestation contre la brutalité policière s'ajoute aux nombreux rassemblements organisés sur son territoire dans le cadre de la grève étudiante contre la hausse des droits de scolarité.

La Coalition large de l'Association pour une solidarité étudiante (CLASSE) avait indiqué son intention de se joindre aux protestataires de la CCRPP.

Cette décision s'explique entre autres par la grave blessure à l'oeil qu'a subie le jeune Francis Grenier le 7 mars dernier, lorsque la police est intervenue pour mettre fin à l'occupation du siège social de Loto-Québec.

Mercredi, le SPVM a justifié ses méthodes d'intervention lors de manifestations et a appelé les manifestants à collaborer pour éviter des débordements, notamment en quittant les lieux lorsque les policiers le demandent.

« Au moment où on fait intervenir les groupes d'intervention, c'est parce qu'il y a une résistance active, il y a des agressions qui sont faites sur les policiers de quartier, qui ne sont pas équipés pour recevoir des bouteilles, des choses comme ça », a expliqué Alain Bourdages, inspecteur-chef planification opérationnelle au SPVM.

« Il y a des actes criminels qui sont commis, des méfaits, des occupations qui séquestrent des gens. Et on demande à ces gens tout simplement de quitter la rue et de mettre fin à la manifestation », a-t-il poursuivi.

Mercredi après-midi, une centaine d'étudiants du Collège Ahuntsic, des cégeps Marie-Victorin, Bois-de-Boulogne, Saint-Laurent et de l'école secondaire Sophie-Barat ont bloqué l'autoroute 40 Est à la hauteur de Christophe-Colomb, provoquant du coup une importante congestion automobile.

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