Les francophones risquent d'être minoritaires à Montréal d'ici 2031

Le centre-ville de Montréal

Le nombre de personnes s'exprimant en français à la maison pourrait passer sous la barre des 50 % d'ici une vingtaine d'années sur l'île de Montréal, s'il faut en croire les conclusions d'une des cinq études présentées vendredi par l'Office québécois de la langue française (OQLF).

Seul le nombre d'allophones augmentera au cours de cette période. Leur proportion au sein de la population passera de 20,6 % à 29,5 %, selon un scénario de croissance démographique moyenne.

Le nombre de locuteurs anglophones devrait connaître une légère baisse sur l'île, passant de 25,2 % à 23 %.

Fait à noter, dans l'île de Montréal, le groupe allophone dépasserait le groupe anglophone d'ici cinq ans.

Ces hypothèses découlent du scénario de croissance démographique que l'OQLF juge « le plus probable ». Un deuxième scénario prévoit aussi que les francophones passeront sous la barre des 50 %, et un troisième évalue qu'ils seront à peine majoritaires (50,8 %).

Dans l'ensemble du Québec, le poids démographique des francophones devrait baisser au cours des 20 prochaines années pour s'établir à 77,9 %, alors qu'il se situait en 2006 à 79 %. Celui des anglophones devrait diminuer légèrement pour s'établir à 10,1 %.

Les allophones seront les seuls à connaître une hausse, passant de 11,4 % à 12,1 %.

L'évolution linguistique à Montréal

L'usage du français en hausse

Ces chiffres n'inquiètent pas Louise Marchand, directrice de l'OQLF, qui note qu'une plus forte proportion d'allophones opte aujourd'hui pour le français comme langue d'usage.

« Nos études démontrent également qu'il y a neuf personnes sur dix qui connaissent le français, et même à Montréal », affirme-t-elle. « On ne peut pas établir un portrait du français avec un seul indicateur », précise-t-elle.

Le rapport indique notamment que les allophones ayant adopté le français dans leur vie quotidienne, au détriment de leur langue maternelle, l'ont fait dans une proportion de 51 % à partir de 2006, alors que ce nombre n'était que de 39 % en 1996.

L'OQLF se refuse par ailleurs à commenter la situation, alléguant que les études sont maintenant entre les mains de la ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre.

Par voie de communiqué, la ministre a reconnu en fin d'après-midi qu'il faudra « toujours faire preuve de vigilance étant donné la situation géopolitique du Québec en Amérique du Nord et que rien ne peut être tenu pour acquis en ce qui a trait à la pérennité de la langue française, particulièrement à Montréal ».

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