L'industrie du gaz de schiste perd du terrain

Radio-Canada avec Le Devoir
Un employé de Talisman Énergie Un employé de Talisman Énergie

L'industrie du gaz de schiste perd des appuis dans l'opinion publique québécoise qui se montre de plus ne plus prudente face à l'exploitation de cette source d'énergie.

Le nombre de Québécois opposés à l'exploitation des gaz de schiste a augmenté de 15 % depuis un mois au Québec. La moitié de la population serait aujourd'hui défavorable à cette industrie, selon un sondage Senergis -Le Devoir.

Selon un sondage de la firme Senergis réalisé en octobre pour le compte du quotidien Le Devoir, 50 % des Québécois ne seraient pas en faveur de l'exploitation des gisements de gaz de schiste. C'est 15 % de plus que lors d'un sondage similaire effectué par Senergis en septembre dernier.

Autre signe que l'opposition au projet se durcit dans l'opinion publique, la proportion de répondants favorables au projet n'a augmenté que de 3 % au cours du dernier mois, soit de 14 % à 17 %.

Les Québécois seraient par ailleurs majoritairement favorables à l'imposition d'un moratoire sur la prospection et l'exploitation de ces gaz. Selon le sondage, 78 % des Québécois qui sont au fait du débat sur le gaz de schiste estiment qu'un moratoire sur l'exploration des gaz de schiste est nécessaire, le temps que des études d'impact environnementales soient réalisées.

L'enquête révèle aussi une augmentation de la préoccupation des Québécois pour cette question. En septembre, 37 % des répondants au sondage affirmaient ne pas connaître le gaz de schiste ou le débat qui l'entoure tandis que 14 % déclaraient ne pas avoir d'opinion sur la question.

Or, en octobre, la proportion de gens qui ne connaissent pas le gaz de schiste ou le débat qui l'entoure est passée à 26 %. Les « sans opinions sur la question » sont quant à eux passés à 7 % en octobre, soit un recul de 50 %.

Quant à la position du gouvernement du Québec dans le dossier, 74 % des répondants au courant du débat sur les gaz de schiste ont estimé que Québec était « plus sensible à l'intérêt des entreprises qui souhaitent exploiter les gaz de schiste » qu'à l'intérêt de la population.

Ce sondage a été effectué du 9 au 16 octobre 2010, auprès de 1000 répondants, par la firme Senergis pour le compte du quotidien Le Devoir. Après pondération par tranche d'âge et par région administrative, sa marge d'erreur est de 3,1 % 19 fois sur 20.