Naïma exclue d'un autre cours de français

Christine Fournier s'entretient avec la ministre de l'Immigration Yolande James sur le port du niqab en classe.

La ministre de l'Immigration, Yolande James, se montre intraitable avec Naïma Atef Amed, qui s'était inscrite à un autre cours de français où on l'autorisait à porter le voile intégral.

Naïma Atef Amed, l'étudiante exclue d'un cours de francisation au cégep Saint-Laurent parce qu'elle refusait d'enlever son niqab, ne pourra porter le voile dans aucune institution publique québécoise.

Mardi, le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles du Québec est de nouveau intervenu dans le dossier après avoir appris que cette femme musulmane d'origine égyptienne s'est inscrite à un autre cours de français, cette fois au Centre d'appui aux communautés immigrantes de Montréal. Cette institution, financée à même les fonds publics, a accepté qu'elle porte son niqab.

Mise au courant de ce développement, la ministre de l'Immigration, Yolande James, a décidé de hausser le ton, affirmant qu'elle ne fera aucun compromis, surtout dans les cours de francisation. « C'est une question de gros bon sens », s'est-elle exclamée, mardi, en entrevue à RDI.

Naïma Atef Amed a donc reçu une lettre du ministère de l'Immigration lui expliquant la politique québécoise. Yolande James a rappelé que les candidats à l'immigration doivent maintenant signer un contrat dans lequel ils endossent les valeurs québécoises.

« Vous faites le choix de venir au Québec, vous êtes bienvenu. L'immigration est un apport pour la société, mais les valeurs doivent être respectées et je rappelle que la majorité épouse ces valeurs. » — La ministre de l'Immigration du Québec, Yolande James

Après son exclusion du cours donné au cégep Saint-Laurent, Naïma Atef Amed a déposé une plainte à la Commission des droits de la personne. L'incident a suscité beaucoup de réactions, en commençant par Québec . La semaine dernière, le premier ministre Jean Charest a rappelé que les services offerts au Québec, « ça se fait à découvert ».

D'aucuns critiquent Québec qui ménage le chaud et le froid en matière d'accommodements raisonnables. La ministre James assure que le gouvernement planche sur une façon de faire qui embrassera plus large que les classes de francisation.