Contre l'extrême minceur

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Un défilé de mode Selon l'Association pour la santé publique du Québec, le modèle corporel des femmes à l'extrême minceur est associé à divers problèmes de santé mentale tels que l'anorexie nerveuse et la boulimie.  Photo :  AFP/Christophe Simon

Des acteurs de l'industrie de la mode signent une charte visant à changer les mentalités sur les standards de beauté véhiculés dans le milieu de la mode, en publicité et dans les médias en général.

Une trentaine d'acteurs de l'industrie de la mode, de la publicité et des médias ont signé, vendredi matin, la nouvelle Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée.

Cette charte, signée en présence de la ministre responsable de la Condition féminine, Christine St-Pierre, n'est pas contraignante et ne prévoit pas de pénalités légales. Ses signataires, qui ont contribué à son élaboration, souhaitent néanmoins pouvoir décourager la minceur extrême dans les revues et les défilés de mode, notamment.

La charte énonce sept principes, dont la promotion d'une diversité d'images corporelles comprenant des tailles, des âges et des proportions variés.

La ministre St-Pierre espère qu'elle contribuera à changer les mentalités sur les standards de beauté, de manière à prévenir les problèmes de santé reliés au poids.

« Je suis bien consciente que nous ne règlons pas aujourd'hui tous les cas, mais je trouve extraordinaire que les gens aient répondu oui à notre invitation. » — Christine St-Pierre

À son avis, l'adhésion du milieu de la mode contribue à faire passer le message auprès des jeunes. « Je pense que c'est mieux que d'autres messages qui viennent de gens qui ont moins de portée. Les acteurs du secteur de la mode savent quel vocabulaire employé. »

D'ailleurs, l'idée de la charte est née à la suite d'une pétition lancée par deux jeunes filles, Jacinthe Veillette et Léa Clermont-Dion. Elles demandaient au gouvernement du Québec d'intervenir devant les images de minceur et autres images irréalistes de femmes projetées dans les médias.

Des voeux pieux?

La charte soulève l'enthousiasme chez certains, même si elle n'est pas coercitive. Notamment, l'Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), notamment, s'est réjouie de l'initiative, tout en soulignant l'importance que l'industrie y adhère.

« Le modèle corporel des femmes est à l'extrême minceur et ce n'est pas sans conséquence: il est associé à divers problèmes de santé mentale tels que l'anorexie nerveuse et la boulimie », déplore Émilie Dansereau-Trahan, chargée de projet à l'ASPQ.

D'autres toutefois sont plus sceptiques. « C'est un peu vague, j'ai hâte de voir comment ça va se concrétiser dans la vraie vie », dit la directrice de l'Association d'aide aux personnes souffrants d'anorexie nerveuse et de boulimie, Josée Champagne.

De son côté, la porte-parole de l'opposition officielle sur la condition féminine, Carole Poirier, se fait très critique. « J'avais dit au moins de mars que c'était des voeux pieux. Je crois que l'on est au même stade aujourd'hui. »

La ministre St-Pierre reste optimiste. Elle souhaite que la charte crée un mouvement national et que d'autres groupes y adhèrent. Les citoyens seront aussi invités à la signer en ligne très bientôt.

Pour le lancement de la charte, Sensation Mode et les agences de mannequins SCOOP et SPECS ont présenté un défilé avec des mannequins aux mensurations variées dans le cadre de la Semaine de mode de Montréal.

Les sept principes de la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée

1) Promouvoir une diversité d'images corporelles comprenant des tailles, des proportions et des âges variés.

2) Encourager de saines habitudes autour de l'alimentation et de la régulation du poids corporel.

3)Dissuader les comportements excessifs de contrôle du poids ou de modification exagérée de l'apparence.

4) Refuser de souscrire à des idéaux esthétiques basés sur la minceur extrême.

5) Garder une attitude vigilante et diligente afin de minimiser les risques d'anorexie nerveuse, de boulimie et de préoccupation malsaine à l'égard du poids.

6) Agir à titre d'agents et d'agentes de changement afin de mettre de l'avant des pratiques et des images saines et réalistes du corps.

7) Faire connaître la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée auprès de nos partenaires, de nos clientèles et de nos relations professionnelles tout en participant activement à l'adhésion à ses principes et à leur respect.

Source: Ministère de la Condition féminine du Québec

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