Le mercure sur la sellette

 Photo :  AFP

La Cour du vaccin entame ses travaux à Washington.

Un tribunal spécial étudie à Washington l'hypothèse selon laquelle des vaccins seraient à l'origine de l'augmentation de cas d'autisme chez les enfants américains.

C'est l'une des plus importantes batailles juridiques de l'histoire de la médecine qui s'amorce aux États-Unis, avec l'ouverture de ce tribunal spécial.

Pour la première fois, des juges examineront une hypothèse controversée selon laquelle des vaccins causeraient l'autisme.

Les vaccins incriminés sont de deux ordres:

  • ceux qui contiennent une trop grande quantité de mercure;
  • les vaccins à haute teneur en virus vivant, comme le ROR, contre la rubéole, les oreillons, la rougeole.

Des milliers de cas d'autisme

Les parents de presque 5000 enfants américains soutiennent que leurs enfants ont développé l'autisme après avoir été vaccinés. Ces parents misent beaucoup sur le tribunal spécial pour leur donner raison.

Au Canada, cette cause suscite l'intérêt de nombreux parents. C'est le cas de Pierre Morin, de la région de Montréal. Son fils de dix ans est autiste et gravement atteint. « C'est vers le début de 2006, dit-il, que mon intérêt a augmenté parce qu'on voyait, aux États-Unis en particulier, beaucoup de chercheurs qui commençaient à faire un lien. Puis, tranquillement, suite à de nombreuses lectures, j'ai commencé à réaliser qu'il y avait probablement un lien entre les vaccins et l'autisme. »

Un pédiatre à la retraite, le docteur Edward Yazbak, est au nombre des chercheurs américains qui se posent des questions. Par exemple, sur le nombre très élevé de cas d'autisme chez les enfants d'immigrants à Montréal. Serait-ce parce qu'on les a revaccinés à leur arrivée au Canada?

« Je ne peux pas vous dire pour sûr que le vaccin cause l'autisme. Mais je peux vous dire que le seul groupe dans lequel l'autisme est en train d'augmenter, c'est le groupe qui est revacciné. Ça m'effraie. » — Dr Edward Yazbak

Le docteur David Ayoub, de l'Illinois, publiera bientôt une étude internationale qui établit un lien de causalité entre le mercure et l'autisme.

Par ailleurs, nombre de chercheurs rejettent cette hypothèse. Et ils ont beaucoup d'impact dans la communauté scientifique.

Des enjeux importants

Il a peu d'espoir que le tribunal tranche en faveur des parents parce que les enjeux sont trop énormes.

Si la Cour attribue des dédommagements aux familles des victimes, les compagnies pharmaceutiques seront à l'abri des poursuites. Les dédommagements seront alors tirés d'un fonds constitué à partir d'une taxe de 75 ¢ par vaccin que les contribuables paient déjà.

Toutefois, si le tribunal établit un lien de causalité, ne serait-ce que dans un seul cas, entre l'autisme et la présence de mercure dans les vaccins, les grandes pharmaceutiques pourraient être la cible de poursuites à l'échelle planétaire.

Dans les deux cas, des milliards de dollars sont en jeu.

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