La punaise de lit décryptée

Radio-Canada avec Agence France-Presse
punaise

Le génome de la punaise de lit commune (Cimex lectularius) a été séquencé par une équipe de généticiens américains.

Cette percée pourrait éventuellement aider à déjouer la résistance aux pesticides de ces insectes sources d'infestations en Amérique, notamment à Montréal, après avoir presque disparu dans les années 1950.

Ce suceur de sang qui pique les dormeurs pendant la nuit mesure de 4 à 7 mm à l'état adulte. Il affectionne la compagnie de l'homme depuis des milliers d'années. Le développement des transports, le chauffage des logements et la densité humaine favorisent son installation dans les zones urbaines.

Les nymphes sont claires et pratiquement translucides. Lorsqu'elles deviennent adultes, elles sont de plus en plus foncées et opaques. Elles peuvent à cette étape ressembler aux pépins d'une pomme. Les nymphes sont claires et pratiquement translucides. Lorsqu'elles deviennent adultes, elles sont de plus en plus foncées et opaques. Elles peuvent à cette étape ressembler aux pépins d'une pomme.  Photo :  Radio-Canada

Actuellement, un très fort pourcentage de punaises de lit présentent des mutations génétiques qui les rendent résistantes aux insecticides courants.

Les punaises se sont adaptées en fabriquant des enzymes détoxifiantes qui dégradent les insecticides. De plus, leur « carapace » s'est durcie pour se protéger de ces produits.

Les chercheurs ont mené leurs enquêtes génétiques sur tout le cycle de vie des punaises.

D'abord, l'oeuf donne une nymphe. Puis, celle-ci connaît plusieurs étapes de croissance, marquées chacune par un repas de sang qui permet de passer à la prochaine phase. Ce n'est qu'après qu'elle devient adulte.

Les chercheurs du musée américain d'histoire naturelle ont découvert que l'insecte développe des mécanismes de résistance aux insecticides à partir du moment où il commence à se nourrir de sang.

« Cela laisse à penser que les punaises sont vraisemblablement plus vulnérables à leur premier stade de nymphe, ce qui en fait potentiellement une bonne cible pour les futurs insecticides. » — Mark Siddall, Musée américain d'histoire naturelle

Les chercheurs se sont intéressés également au patrimoine génétique des bactéries qui colonisent la punaise et dont une partie est sans doute favorable à sa croissance et sa reproduction. La mise au point d'antibiotiques, qui attaqueraient ces bactéries, pourrait venir en complément des pesticides.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Nature Communications.