Le lait maternel réduit la résistance microbienne aux antibiotiques

Radio-Canada avec Agence France-Presse
null  Photo :  IS/© Eneri LLC

Une protéine contenue dans le lait maternel contribue à nettement réduire la résistance aux antibiotiques développée par certains pathogènes responsables de pneumonies graves et d'autres infections difficiles à traiter, révèle une étude publiée aux États-Unis.

Cette découverte est prometteuse pour les centres hospitaliers confrontés au problème des « supermicrobes » résistants aux antibiotiques, comme le staphylocoque doré multirésistant (SARM), responsable d'un grand nombre d'infections nosocomiales.

Les expériences menées dans des cultures en laboratoire et sur des animaux ont montré que cette protéine, appelée Human Alpha-lactalbumine made lethal to tumor cell, ou HAMLET (alpha lactalbumine modifiée tueuse de cellules tumorales, en français), accroît la sensibilité des bactéries à de multiples antibiotiques, comme la pénicilline et l'érythromycine.

Les effets ont été tellement prononcés que les bactéries résistantes y compris à la pénicilline, comme le streptocoque de la pneumonie et le SARM, ont retrouvé leur sensibilité à ces antibiotiques auxquels ils résistaient auparavant, expliquent ces chercheurs.

Une bactérie saine de streptocoque de la pneumonie (en haut à gauche) et une bactérie détruite par la protéine alpha lactalbumine modifiée tueuse de cellules tumorales (HAMLET) (à droite) Une bactérie saine de streptocoque de la pneumonie (en haut à gauche) et une bactérie détruite par la protéine alpha lactalbumine modifiée tueuse de cellules tumorales (HAMLET) (à droite)  Photo :  Laura R. Marks/University at Buffalo

Leurs travaux ont paru mercredi dans la revue scientifique PLoS One.

La protéine HAMLET « a le potentiel de réduire la concentration d'antibiotique nécessaire pour combattre les infections et nous permet d'utiliser les antibiotiques les plus répandus contre des pathogènes résistants », souligne Anders Hakansson, professeur adjoint de microbiologie à l'Université de Buffalo, un des trois coauteurs de cette recherche.

Les bactéries paraissent avoir beaucoup de mal à développer une résistance à HAMLET, mourant en grand nombre même après avoir été exposées à cette protéine pendant de nombreuses générations, précise-t-il.

« À la différence des traitements synthétiques, HAMLET est une substance se formant naturellement dans le lait humain et n'a pas d'effets secondaires toxiques fréquemment observés avec les antibiotiques très puissants nécessaires pour détruire les pathogènes ultra-résistants », note le chercheur.

Par ailleurs la protéine HAMLET fait l'objet de recherches pour son utilisation ciblée contre des tumeurs cancéreuses, particulièrement celles résistantes à d'autres traitements de chimiothérapie.

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