L'effet de l'alcool à l'échelle atomique

Alcool Alcool

Les effets de l'éthanol (alcool présent dans les boissons alcoolisées) ont été observés à l'échelle atomique sur des récepteurs du système nerveux central par des chercheurs français et américains. Une première.

Des chercheurs de l'Institut Pasteur et de l'Université du Texas ont ainsi identifié cinq sites de liaison de l'éthanol dans un analogue bactérien (Gloeobacter violaceus) des récepteurs nicotiniques, et ont déterminé comment la liaison de l'éthanol stimule l'activité du récepteur.

Structure tridimensionnelle du complexe éthanol-récepteur bactérien, les molécules d'éthanol apparaissent en rose Structure tridimensionnelle du complexe éthanol-récepteur bactérien, les molécules d'éthanol apparaissent en rose.  Photo :  Institut Pasteur

Ces résultats sont directement extrapolables chez l'humain aux récepteurs du GABA (le plus important neurotransmetteur inhibiteur du cerveau), qui constituent la principale cible de l'éthanol dans le système nerveux central.

Ces récepteurs sont présents notamment à la surface des neurones et régulent le passage de l'influx nerveux grâce à une partie canal qui peut être en position ouverte ou fermée.

Les équipes de recherche franco-américaines ont ainsi pu décrire comment la fixation de l'éthanol activait l'ouverture de la partie canal du récepteur, perturbant ainsi les fonctions cérébrales en exacerbant l'activité des neurones inhibiteurs.

Selon les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Nature Communications, ces observations ouvrent la voie à la synthèse de composés antagonistes à l'éthanol qui limiterait l'effet de l'alcool sur le cerveau en maintenant les canaux en position fermée. Elles pourraient également servir au sevrage en cas de dépendance.

Contexte

L'éthanol est la drogue la plus répandue et la plus consommée par les humains. Son utilisation excessive est à l'origine de l'alcoolisme, un problème de santé publique majeur.

Il a été démontré par le passé que l'éthanol altère la fonction de nombreux gènes, dont certains exprimés dans le système nerveux central. Cependant, ses cibles moléculaires et les mécanismes d'action qu'il engendre demeuraient largement méconnus.

Le saviez-vous?

L'alcoolisme entraîne des problèmes chroniques comme des carences nutritionnelles, des troubles digestifs comme la gastrite, une inflammation du foie et du pancréas, de l'anémie, l'impuissance, des troubles neurologiques et le syndrome de l'alcoolisme foetal. Il est aussi à l'origine d'autres problèmes, tels que les accidents de la route, les blessures ou morts accidentelles, le suicide et le crime. Environ 75 % des Canadiens adultes consomment des boissons alcoolisées au moins occasionnellement. Approximativement 4 % d'entre eux seraient alcooliques. (Encyclopédie canadienne)

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