L'empreinte respiratoire, médecine du futur?

L'appareil utilisé pour analyser l'haleine est imposant  Photo :  ETH Zurich/Xue Li

Les composants présents dans l'air expiré par une personne peuvent agir un peu comme les empreintes digitales, affirment des chercheurs suisses de l'Institut de la technologie de Zurich (ETH).

Le chercheur Renato Zenobi et ses collègues expliquent que le souffle contient une empreinte moléculaire propre à chaque personne.

Cette expiration bien distincte est créée par les « métabolites », les déchets produits par la chimie du corps. Leur caractère unique n'avait jamais été démontré jusqu'à présent.

Les travaux publiés dans la revue PLOS ONE laissent à penser que l'expiration pourrait ainsi être utilisée pour établir un diagnostic médical, un peu comme l'urine et le sang.

Un test de l'haleine a l'avantage d'être non invasif et instantané. Il pourrait s'avérer très pratique par exemple lors d'une anesthésie.

Le nez d'un chien  Photo :  iStockphoto
Contexte

Des tests réalisés en 2012 par des chercheurs autrichiens montrent que des chiens ont détecté, avec un taux de réussite de 70 %, des personnes qui étaient atteintes d'un cancer du poumon parmi 120 échantillons d'haleine. Ils ne peuvent toutefois pas établir les composés en présence.

Des chercheurs israéliens travaillent depuis 2009 sur la création d'un simple test de l'haleine, du même type qu'un alcootest, qui permet de détecter les cancers du poumon, du sein, des intestins et de la prostate.

Les chercheurs devaient donc établir si le contenu de l'expiration différait assez entre individus, et chez un individu, pour devenir une véritable empreinte respiratoire permettant d'établir des diagnostics.

L'étude

L'équipe a prélevé des échantillons d'expiration chez 11 participants à quatre moments de la journée, pendant neuf jours.

Ces échantillons ont ensuite été analysés à l'aide d'un spectromètre de masse, un appareil qui mesure précisément les masses de tous les composés chimiques de la respiration.

Constat : Certains éléments, comme la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone, n'ont pas varié chez l'ensemble des participants. Toutefois, ceux qui différaient étaient uniques pour chacun et le restaient tout au long de l'expérience.

Les tests continuent dans les laboratoires suisses, et la stabilité et l'unicité de l'empreinte respiratoire de chaque personne sont l'objet de nombreuses vérifications.

Les chercheurs sont convaincus que leurs travaux mèneront éventuellement à une véritable personnalisation adaptée à la chimie de chaque personne.

À l'heure actuelle, l'équipement nécessaire aux analyses est imposant. Il devra être miniaturisé pour rendre le test plus accessible.

Ailleurs sur le web Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes.

info en continu

Facebook