Un produit sanguin utilisé en soins intensifs s'avère dangereux

Du sang provenant d'une transfusion sanguine Du sang provenant d'une transfusion sanguine  Photo :  iStockphoto

Un produit couramment utilisé en soins intensifs pour réanimer des patients gravement malades et ayant une basse pression artérielle augmenterait la mortalité au lieu de la diminuer, selon une étude menée par des chercheurs de l'Université Laval et de l'Université du Manitoba.

L'administration d'hydroxyéthylamidon (HEA), un expanseur du volume sanguin à base de maïs, s'avère plus dommageable que bénéfique, d'après la recherche parue mardi dans le Journal of the American Medical Association.

Ce produit a été utilisé ces 20 dernières années à la suite du scandale du sang contaminé. Les médecins cherchaient des produits de remplacement du sang pour les patients nécessitant des transfusions en raison d'une perte importante de sang ou d'une grave infection.

Alexis Turgeon, spécialiste en soins intensifs au CHU de Québec, Ryan Zarychanski, spécialiste en soins intensifs et en hématologie à CancerCare Manitoba, et leur équipe ont effectué une métaanalyse portant sur 38 essais cliniques de solutions d'HEA utilisées dans le cadre d'une réanimation d'urgence, représentant un échantillon de quelque 11 000 patients dans le monde.

Les chercheurs ont constaté que la mortalité et l'incidence d'insuffisance rénale étaient de 9 % et 27 % plus élevée, respectivement, chez les patients ayant reçu ces produits à base d'amidon, comparativement à des solutions à base d'eau salée, à de la gélatine ou à de l'albumine, d'autres substances utilisées dans les mêmes circonstances en milieu hospitalier.

Les chercheurs expliquent que ces effets auraient pu être découverts plus tôt s'il n'avait été d'études publiées par un scientifique d'origine allemande, Joachim Boldt, qui a rapporté des résultats contradictoires ces dernières années au sujet de l'HEA.

Or, ce même chercheur a publié de nombreux articles, sur d'autres sujets, qui se sont avérés des fraudes scientifiques. Ces articles ont récemment fait l'objet d'une rétractation pour inconduite scientifique en raison de la fabrication de données et l'absence d'approbation d'un comité d'éthique de la recherche. C'est en excluant les travaux de Joachim Boldt sur l'HEA de leur métaanalyse que les chercheurs canadiens ont constaté l'effet néfaste de l'HEA.

Le Dr Zarychanski déplore que l'administration d'HEA fasse maintenant partie des habitudes en milieu médical, avant même que l'on ait procédé à des études adéquates visant à déterminer si son utilisation présentait un danger pour les patients.

En conclusion, les chercheurs déconseillent fortement l'utilisation d'HEA.

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