Des bactéries vivent dans la haute troposphère

Radio-Canada avec Agence France-Presse
La terre  Photo :  Agence spatiale canadienne

L'atmosphère terrestre réservait encore des surprises aux scientifiques. Des chercheurs américains ont découvert que la haute troposphère, partie de l'atmosphère située entre six et dix kilomètres d'altitude, recèle de nombreux micro-organismes, dont plusieurs types de bactéries.

Le Pr Kostas Konstantinidis, de l'Institut d'ingénierie de Georgie, pense que ces bactéries pourraient même influer sur la météorologie et le climat terrestre.

« Nous ne nous attendions pas à trouver autant de micro-organismes dans la troposphère, considérée comme un environnement difficile pour la vie. » —  Kostas Konstantinidis

Les bactéries représentent, en moyenne, environ 20 % de toute la masse de particules détectées dans les échantillons. En outre, le nombre de bactéries, dont 17 espèces ont été dénombrées, était aussi dix fois plus grand que celui de moisissures trouvées. Plusieurs d'entre elles n'ont pas été détectées dans la plus haute partie de la troposphère.

L'étude n'a pas permis d'établir si ces micro-organismes vivent de façon permanente dans cette portion de l'atmosphère ou s'ils y ont été transportés par les vents.

Les échantillons analysés dans cette recherche ont été collectés dans de l'air prélevé par un jet pendant et après les deux ouragans Earl et Karl en 2010, dans le cadre d'un programme de recherche de la NASA destiné à étudier les masses d'air, à basse et haute altitude, en lien avec des tempêtes tropicales.

Ces résultats laissent à penser que les micro-organismes peuvent jouer un rôle dans la formation de glace dans les nuages, et influer sur la météorologie et le climat.

Certaines bactéries étaient aussi capables de métaboliser les composants de carbone présents dans l'atmosphère, provenant surtout des émissions de dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre.

De plus, si les bactéries se déplacent sur de longues distances à cette altitude grâce aux vents, cela pourrait avoir un effet sur la transmission des maladies infectieuses parmi les êtres vivants.

Le détail de ces travaux est publié dans les annales de l'Académie américaine des sciences (PNAS).