Le travail des soldats du système immunitaire cerné

Les protéines IFIT reconnaissent l'ARN étranger et freinent les infections virales. Les protéines IFIT reconnaissent l'ARN étranger et freinent les infections virales.  Photo :  Université McGill

La structure moléculaire des protéines qui permettent au système immunitaire de détecter les virus et de protéger l'organisme des infections a été découverte par des chercheurs canadiens et autrichiens.

Concrètement, le Pr Bhushan Nagar, de la Faculté de médecine de l'Université McGill, et ses collègues ont découvert que certaines protéines, appelées IFIT, reconnaissaient l'acide ribonucléique (ARN) produit par les virus. Elles agiraient ensuite comme molécules protectrices en s'accrochant au génome viral, et en l'empêchant de se répliquer, ce qui freinerait l'infection.

Les scientifiques pensent que cette percée pourrait mener à la création de nouveaux médicaments pour traiter des cas d'inflammation et de cancer, pour lesquels il importe de freiner la réponse immunitaire.

Explications

Les infections liées aux virus et aux bactéries se retrouvent dans une couche du système immunitaire constituée de protéines. Celles-ci jouent le rôle de soldats à l'affût de molécules étrangères provenant de ces agents pathogènes.

La détection de l'agent pathogène cause une réponse rapide de la cellule hôte, caractérisée par la production de molécules de défense qui se mobilisent pour combattre l'infection.

« Les protéines IFIT constituent les éléments clés de ces molécules de défense. » — Pr Bhushan Nagar

L'équipe a eu recours à diverses techniques, dont la cristallographie aux rayons X, pour capturer les protéines IFIT au moment même où elles reconnaissent la présence de l'ARN étranger. Cette réalisation permet une meilleure compréhension des interactions entre les protéines IFIT et l'ARN.

Ainsi, les chercheurs ont établi que les protéines IFIT ont évolué pour former une poche de liaison spécifique assez volumineuse et compatible chimiquement pour accueillir uniquement l'extrémité de l'ARN viral. L'ARN humain ne peut interagir avec cette poche, ce qui permet de contrecarrer les réactions auto-immunes.

En outre, ces travaux publiés dans la revue Nature contribueront à accroître la compréhension des mécanismes qui permettent aux cellules humaines d'interagir avec les virus et de les combattre.

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