Des zones du cerveau associées à la conscience

Représentation de l'activité cérébrale d'un homme (archives) Représentation de l'activité cérébrale d'un homme (archives)  Photo :  iStockphoto

Certaines régions du cerveau liées à la perception consciente ont été identifiées par des chercheurs français du Centre de recherche de l'Institut du cerveau et de la moelle épinière.

En fait, le Dr Paolo Bartolomeo et ses collègues ont déterminé les mécanismes neurologiques à la base de la connexion entre l'attention et la conscience.

Elles sont, par exemple, impliquées dans l'attention volontaire, comme le fait d'attendre au feu rouge qu'un enfant traverse la rue, ou involontaire, comme reculer précipitamment parce qu'une voiture arrive en trombe sans s'annoncer.

Dans ces cas, la perception de l'environnement est indispensable pour avoir conscience de celui-ci et pouvoir y évoluer sereinement et avoir le bon réflexe.

Les travaux

Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Cerebral Cortex ont soumis des participants à des tests visuels et ont étudié leur capacité à percevoir différents signaux.

Certains étaient évidents et d'autres, à peine perceptibles. Le Dr Bartolomeo et son équipe ont ainsi pu observer l'activité cérébrale des volontaires grâce à l'imagerie médicale par IRM fonctionnelle, ce qui a permis d'identifier plusieurs zones activées lors de la perception et de la prise de conscience des signaux testés.

Le groupe de recherche a confirmé ces résultats auprès d'autres volontaires, en effectuant une stimulation cérébrale transcranienne, une technique qui consiste à mettre des décharges légères et transitoires dans des zones ciblées du cerveau, L'objectif était d'en perturber le fonctionnement et d'observer les conséquences.

Des réactions qui déstabilisent

Les décharges effectuées dans une zone du cerveau appelée champ « oculomoteur frontal » ont entraîné une réduction de la capacité des sujets à percevoir certains signaux.

« Cela confirme qu'il s'agit d'une zone importante de connexion entre l'attention portée au signal et la conscience que l'on a de celui-ci. » — Dr Paolo Bartolomeo

Concrètement, ces personnes ont moins bien réalisé la présence des signaux proches du seuil de perception dans le champ visuel situé à l'opposé de l'hémisphère stimulé.

Selon les chercheurs, ces nouvelles données pourraient éventuellement aider à traiter les patients atteints de négligence spatiale en stimulant le réseau neuronal impliqué.

« La zone du cerveau concernée, le champ oculomoteur frontal, se trouve dans le lobe frontal. Paradoxalement, il est situé loin du cortex visuel, qui est quant à lui situé dans la partie postérieure du cerveau. » — Dr Paolo Bartolomeo

Ces individus n'ont pas de problème de vue, mais ils n'ont pas conscience de ce qui se trouve dans une partie de leur champ visuel. Ils ne peuvent s'orienter, ni détecter ou répondre à des stimuli porteurs de signification lorsqu'ils sont présentés dans un certain espace. Ils peuvent donc se cogner aux portes et aux fenêtres ouvertes ou encore ne manger que la moitié de leur assiette.

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