La fonte des calottes glaciaires a fait monter les océans de 11 mm depuis 1992

Rivière de fonte sur la calotte polaire du Groenland Rivière de fonte sur la calotte polaire du Groenland  Photo :  AFP/MICHAEL KAPPELER

La fonte des calottes glaciaires des deux pôles a contribué en dix ans à une hausse de plus de 11 millimètres du niveau global des océans, soit un cinquième de la hausse totale mesurée depuis 1992, affirment des chercheurs dans la revue Science publiée vendredi.

Chaque année, les calottes du Groenland et de l'Antarctique - les masses de glace qui sont ancrées sur le socle rocheux - ont perdu environ 230 milliards de tonnes de glace. C'est ce qu'ont calculé 47 chercheurs de différents pays qui ont réuni leurs travaux pour obtenir des données plus précises sur ce phénomène lié au réchauffement climatique global.

« Ces travaux réconcilient les résultats de trois méthodes différentes qui indiquaient les mêmes tendances - nous savions que les calottes glaciaires perdaient de la masse - mais qui ne donnaient pas les mêmes quantités de masse perdues », explique Gaël Durand de l'Université Joseph Fourier de Grenoble.

Ces nouvelles estimations vont permettre de réduire les incertitudes sur la contribution de la fonte des calottes glaciaires à l'élévation du niveau de la mer. D'après Andrew Shepherd, de l'Université de Leeds, en Grande-Bretagne, et ses collègues, cette fonte a augmenté le niveau des océans de 0,59 mm par an depuis 1992. L'augmentation globale est de 3 mm par an, l'essentiel provenant de la dilatation des océans sous l'effet de la hausse des températures.

La calotte du Groenland a perdu environ 152 milliards de tonnes de glace par an entre 1992 et 2011. La situation de l'Antarctique est plus nuancée : c'est l'Antarctique Ouest et la Péninsule qui perdent en volume, tandis que l'immense partie située à l'Est en gagne un peu. Cependant la tendance globale est aussi à la baisse pour le grand continent blanc austral.

Cet amaigrissement des calottes glaciaires s'explique principalement par un apport de chaleur de la part des océans. « Le rôle du forçage océanique fait très largement consensus », commente Gaël Durand. « En Antarctique, il y a peu de fonte en surface, contrairement au Groenland. En revanche, lorsque des eaux chaudes s'introduisent sous les plates-formes de glace qui flottent sur l'océan, elles les affaiblissent. Or ces plates-formes retiennent la glace qui s'écoule de la calotte : du coup, plus les plates-formes sont réduites ou amincies, comme on l'a vu en 2002 avec la désintégration de la plate-forme Larsen B, plus la décharge des glaciers accélère », précise le glaciologue.


Associated Press

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