Qui se ressemble s'assemble, confirme la science

Photos de visages féminins utilisées dans l'étude Image de visages féminins utilisée dans l'étude  Photo :  Jeanne Bovet

Les hommes trouvent plus attirantes les femmes avec qui ils partagent certaines particularités physiques, ont montré des chercheurs français de l'Université Montpellier 2.

D'autres études ont déjà été consacrées aux caractères qui rendent quelqu'un physiquement attirant. La plupart d'entre elles s'intéressaient cependant aux traits liés aux taux d'hormones et à la fertilité, comme à la largeur des hanches d'une femme, par exemple.

La chercheuse Jeanne Bovet et ses collègues de l'Université Montpellier 2 se sont plutôt penchés sur des caractères qui n'offrent aucun avantage sélectif particulier, comme la couleur des yeux et des cheveux ou l'épaisseur des lèvres, des sourcils, ou encore la présence d'une fossette au menton.

L'homogamie

Les résultats publiés dans la revue PLoS One renforcent la théorie de l'homogamie, un phénomène observé chez de nombreuses espèces animales, selon lequel les individus recherchent des partenaires sexuels proches d'eux génétiquement, autrement dit qui leur ressemblent.

La paternité

L'autre théorie est celle dite de « l'incertitude de paternité ». Les hommes auraient tendance à préférer, chez les femmes, les traits récessifs. Ainsi, un homme préférerait les yeux bleus ou les lèvres fines, qui sont des caractères récessifs par rapport aux yeux marron ou aux lèvres épaisses. Cela leur permettrait de reconnaître chez l'enfant leurs propres caractères génétiques.

Les travaux

Pour tester ces hypothèses, les chercheurs ont d'abord demandé à une centaine d'hommes de choisir, parmi des photos de visages féminins, ceux qu'ils trouvaient attirants. Ils ont ensuite répété l'opération sur un autre groupe d'hommes, mais cette fois avec des visages construits par ordinateur. Résultat : les hommes choisissent de préférence les visages avec lesquels ils partagent certains traits. Ainsi, dans la deuxième expérience, parmi quatre visages différents, ils ont choisi celui avec lequel ils partageaient au moins un trait dans 37 % des cas. Toutefois, aucune évidence n'est venue conforter l'hypothèse de l'incertitude de la paternité.

Dans un second temps, les chercheurs ont analysé des photos de couples réels, ayant au moins un enfant, pour déterminer si ces préférences génétiques avaient une influence sur le choix du partenaire.

Résultat : là aussi, les conjoints ont plus de traits du visage en commun que deux individus pris au hasard dans la population.

À ce jour, peu d'études ont été consacrées à l'importance de l'homogamie dans le choix d'un partenaire. Par exemple, la descendance issue d'un couple relativement proche génétiquement présente-t-elle un avantage? Les chercheurs veulent aussi déterminer si le phénomène est propre à l'Occident, ou s'il a lieu au sein d'autres cultures.

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