L'autisme livre un secret

Représentation d'un neurone. À l'extrêmité, il est possible d'apercevoir les synapses. Représentation d'un neurone. À l'extrêmité, il est possible d'apercevoir les synapses.  Photo :  iStockphoto

Un lien central entre la protéinogénèse et les troubles du spectre autistique (TSA) a été découvert par des chercheurs de l'Université McGill et de l'Université de Montréal.

Cette découverte, dont le détail est publié dans la revue Nature, ouvre la voie à de nouvelles pistes de recherche qui permettront peut-être de comprendre les origines de l'autisme et même de le traiter.

La protéinogénèse est le processus par lequel les cellules produisent les protéines. Elle influe sur tous les aspects du fonctionnement de la cellule et du corps humain.

Les présents travaux menés sur des souris montrent que la production anormalement élevée d'un groupe de protéines neuronales, appelées neuroligines, entraîne des symptômes similaires à ceux observés chez les personnes qui présentent des TSA.

Ces travaux montrent aussi qu'il est possible de corriger les manifestations autistiques à l'aide de composés qui freinent la protéinogénèse ou de thérapies géniques ciblant les neuroligines.

Les travaux

Les chercheurs ont utilisé un modèle murin dans lequel un gène contrôlant l'initiation de la protéinogénèse avait été supprimé. La production de neuroligines a augmenté chez les souris étudiées. La synthèse anormale de neuroligines a provoqué une hausse de l'activité synaptique, ce qui a affecté l'équilibre entre l'excitation et l'inhibition synaptique des cellules cérébrales des rongeurs.

Le saviez-vous?

Les neuroligines jouent un rôle important dans la formation et la régulation des jonctions synaptiques établies entre les cellules neuronales et le cerveau, en plus d'être essentielles au maintien de l'équilibre de la transmission d'informations d'un neurone à l'autre.

Des chercheurs avaient découvert en 2003 que des mutations de neuroligines étaient présentes chez les personnes souffrant de TSA. Le mécanisme moléculaire qui en est la source demeurait toutefois inconnu.

Les équipes québécoises sont les premières à établir une corrélation entre le contrôle traductionnel des neuroligines et la fonction synaptique altérée en lien avec les comportements autistiques chez les souris.

« Nous avons réussi à inverser les symptômes similaires aux TSA chez les souris adultes. Dans un premier temps, nous avons réduit la protéinogénèse en utilisant des composés conçus au départ pour traiter le cancer. Ensuite, nous avons utilisé des virus ne pouvant se répliquer pour freiner la synthèse excessive de neuroligines. » — Christos Gkogkas, auteur principal de l'étude

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