L'Europe choisit Mars, la Lune attendra

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Mars  Photo :  NASA

Le Conseil ministériel de l'Agence spatiale européenne (ASE) s'est réuni à Naples, en Italie, afin d'établir sa liste de priorités en ces temps budgétaires difficiles.

Un projet de collaboration avec la Russie pour une mission inhabitée sur Mars a reçu l'aval du Conseil, mais une mission d'exploration lunaire développée depuis quelques années semble en revanche avoir peu de chances d'être retenue, du moins pour les deux prochaines années.

Direction Mars

D'abord élaboré par l'ASE et la NASA, le programme ExoMars prévoit l'envoi de deux sondes sur Mars (une sonde orbitale en 2016 et un module robotisé en 2018) dont le principal objectif sera d'effectuer des forages dans le sol et ramener des échantillons sur Terre au début des années 2020.

À ce jour, plus de 400 millions d'euros ont déjà été investis dans ce projet, mais la NASA a abandonné en février dernier en raison de restrictions budgétaires.

L'Europe s'est alors tournée vers la Russie pour mener à bien le projet. L'accord prévoit que la Russie fournira des fusées Proton pour les lancements des sondes, et en retour, elle pourra placer des instruments sur le satellite et le module robotisé.

Les deux parties signeront un contrat formel d'ici la fin de l'année.

La Lune sur une tablette

Tout indique qu'un projet de 500 millions d'euros proposé par le groupe Astrium de faire atterrir en 2018 un robot d'exploration au pôle sud de la Lune ne sera pas retenu pour les trois prochaines années.

Cette région lunaire, encore peu connue, pourrait devenir un lieu privilégié pour les futurs explorateurs humains, car elle est presque en permanence exposée aux rayons du soleil et pourrait contenir de la glace, donc des ressources en eau. La zone pourrait contenir d'importantes quantités d'hélium 3, un isotope non radioactif de l'hélium qui peut être utilisé pour la fusion nucléaire et qui pourrait fournir l'énergie nécessaire à la Terre pendant des centaines d'années.

Le Conseil a également mis son veto à une proposition de coopération avec la Chine dans un système de prévision météorologique spatiale.

Un budget de 10 milliards d'euros a été octroyé à l'ASE au cours de la rencontre. Outre la mission martienne, ce budget inclut le financement d'une version améliorée du lanceur européen Ariane 5, qui devrait être opérationnelle en 2017 et préparer la mise au point d'une nouvelle génération de lanceurs qui prendraient leur envol en 2021 ou 2022.

Ce budget prévoit également la poursuite de la participation européenne à la Station spatiale internationale jusqu'en 2020.

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