Le cochon, meilleur ami de l'homme?

Un porc domestique  Photo :  iStockphoto

La plus complète analyse du génome du porc domestique publiée à ce jour révèle de nouvelles similitudes avec celui de l'homme, et confirme l'intérêt de cet animal comme modèle pour la recherche biomédicale.

Le travail du Consortium international pour le séquençage du génome du porc a réuni des dizaines de scientifiques sur une période de 10 ans.

Ils ont comparé le génome du cochon domestique (Sus scrofa domesticus), avec celui de 10 races de sangliers sauvages d'Europe et d'Asie. Ils ont également comparé son génome avec celui de l'homme, de la souris, du chien, du cheval et de la vache.

Le cochon et le sanglier partagent beaucoup de points communs avec les humains, comme leur grande capacité d'adaptation et de colonisation de territoires. Ils sont aussi capables de détruire leur propre habitat et de retourner à la vie sauvage lorsque les conditions s'y prêtent.

D'une anatomie à l'autre

La médecine savait déjà que le porc est proche de l'homme d'un point de vue anatomique et physiologique. Il est déjà utilisé pour soigner les humains lors de chirurgie cardiaque (valves aortiques) et de production d'héparine (anticoagulant) et il est aussi un bon candidat pour les greffes d'organes.

De nouvelles similitudes

La présente analyse génomique montre de nouvelles similitudes avec l'homme qui l'a domestiqué il y a quelque 10 000 ans.

Les généticiens ont décelé chez le cochon un certain nombre de mutations impliquées dans des maladies humaines, comme l'obésité, le diabète ou encore les maladies de Parkinson et d'Alzheimer.

Le chercheur Alan Archibald, de l'Université d'Édimbourg, pense même que le porc pourrait être un bon modèle pour étudier ces maladies humaines et leur traitement.

Généalogie porcine

Les ancêtres du porc domestique sont apparus dans le Sud-Est asiatique entre 5,3 et 3,5 millions d'années avant notre ère et ont progressivement migré vers l'Eurasie. Une scission entre les sangliers asiatiques et européens est apparue il y a environ 1 million d'années, si bien que les deux groupes peuvent être considérés comme des sous-espèces distinctes.

Domestiquer le cochon

L'étude des gènes gouvernant les caractéristiques propres au porc permettra de comprendre les circonstances dans lesquelles il a été domestiqué par l'homme. Par exemple, sa capacité à manger ce que l'homme n'apprécie guère pourrait être l'une des raisons derrière la relation entre les deux espèces.

Le porc présente un plus grand nombre de gènes olfactifs (1301) que l'homme ou d'autres mammifères, ce qui lui confère un excellent odorat. D'ailleurs, son flair est utilisé par l'homme pour chercher des truffes.

Son sens du goût laisse toutefois à désirer. C'est que les porcs ont moins de gènes codants pour les récepteurs du goût amer que les humains. De plus, les gènes impliqués dans la perception de certains goûts sucrés sont différents chez le porc et chez l'homme.

Cet animal peut donc avaler des aliments très salés ou considérés comme immangeables par l'homme, ce qui aurait peut-être également favorisé le contact entre eux.

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