Un lien entre la dépression et l'odorat

Sentir une fleur  Photo :  iStockphoto

Les personnes atteintes de dépression sévère présentent des troubles olfactifs qui les rendent indifférents aux odeurs agréables, ont montré des chercheurs français de l'Université François Rabelais, de Tours.

La chercheuse Catherine Belzung et ses collègues pensent que ces changements de l'odorat pourraient éventuellement devenir un marqueur de la maladie ou du risque de rechute et ainsi permettre de faciliter son dépistage et sa prise en charge.

Le saviez-vous?

Au Canada, environ 11 % des hommes et 16 % des femmes feront une dépression majeure au cours de leur vie.

Il était déjà établi que les personnes atteintes de dépression sévère avaient des difficultés à ressentir du plaisir. Les récents travaux ont montré que la zone du cerveau impliquée dans la sensation agréable provoquée par des odeurs présente des dysfonctionnements chez ces personnes.

L'étude

Les chercheurs ont soumis 18 personnes hospitalisées pour un épisode de dépression sévère à des tests olfactifs. Leurs résultats ont été comparés à ceux de 54 volontaires en bonne santé.

Les participants ont été exposés à huit odeurs différentes, certaines agréables et d'autres non, ainsi qu'à un mélange d'odeurs « qui correspond davantage à la perception des odeurs de tous les jours », explique Catherine Belzung.

Les résultats montrent que les patients dépressifs distinguent moins bien les différents niveaux d'intensité des odeurs, identifient moins bien celles qui sont combinées et sont peu sensibles aux odeurs censées être agréables, par rapport à ceux qui sont en bonne santé.

« De façon surprenante, la vanille, la cannelle ou l'amande amère étaient classées comme des odeurs déplaisantes. » — Catherine Belzung

Un nouveau marqueur ?

Les troubles de l'odorat sont donc manifestes chez les patients atteints de dépression sévère. Les chercheurs veulent maintenant savoir s'il s'agit d'un trait spécifique de la dépression ou s'il existe chez des personnes atteintes d'autres affections psychiatriques et neurologiques.

Le saviez-vous?

Depuis 2000, quelques études ont lié la perte de l'olfaction à la maladie d'Alzheimer.

En outre, ces perturbations persistent après la guérison de la personne dépressive, si bien que les chercheurs se demandent si elles ne sont pas des moteurs dans le risque de rechute. Ces troubles pourraient donc constituer un nouveau marqueur du risque de rechute.

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